Bien / Produit

En économie, un bien est une chose susceptible de faire l'objet d'une appropriation par un individu, et sur laquelle le droit de propriété est par conséquent applicable ou pertinent.


Catégories :

Économie de la réglementation

Définitions :

  • Ensemble des choses qui sont la propriété d'une personne et sur lesquels l'individu a un droit réel. On peut distinguer : biens meublés et biens immobiliers. (source : avocat-droit-famille)

En économie, un bien est une chose susceptible de faire l'objet d'une appropriation par un individu, et sur laquelle le droit de propriété est par conséquent applicable ou pertinent. La notion reste tout de même assez vague, car selon le niveau d'analyse, il apparaît des difficultés quant à une définition rigoureuse de bien économique.

Dans le langage familier, on admet qu'un bien est synonyme d'objet matériel : un fruit, une télévision, un fauteuil, un tableau de maître, une maison. Dans une définition élargie, une prestation de soins, un concert, une assurance sont tout autant de biens économiques. On peut ainsi parler de biens pour des choses relevant par exemple du patrimoine culturel ou scientifique.

Bien et démarche économique

Une première différenciation entre les biens que nous venons d'évoquer concerne la démarche économique qui cherche à les analyser.

Les biens en comptabilité

Généralités

Historiquement, c'est la comptabilité qui développe un modèle (très rudimentaire à l'origine) pour l'enregistrement des biens matériels que les hommes possèdent. L'idée est toujours celle de la mesure de la richesse d'un individu à partir de la diversité et de la quantité des objets qu'il possède. La gestion des biens acquis et vendus sous un compte nommé "stock" montre que le substrat matériel est indispensable. En réalité, c'est la démarche comptable qui ne cherche pas à décrire scrupuleusement les biens présents dans l'économie : la quête de la valeur ajoutée n'a nullement besoin d'une autre distinction. Elle a cependant le mérite de séparer clairement les biens facteurs de production d'une entreprise (ou input en anglais) de ses biens produits (ou output en anglais).

Comptabilité nationale

La comptabilité nationale, née uniquement au milieu du XXe siècle, a une vision dualiste des biens économiques : les tableaux économiques séparent les produits de l'économie en biens, qui sont matériels, et en services, qui sont immatériels. Cette distinction a ici encore un but comptable : la séparation bien/service s'adapte avec les trois secteurs de l'économie : primaire et secondaire d'une part, tertiaire d'autre part. On comprend qu'on veuille savoir au sein d'une dispositif économique d'où provient la majorité de la valeur ajoutée constituante du PIB.

Cette distinction, intuitive et fréquemment vue comme ultime, n'est en réalité pas retenue en économie appliquée.

Les biens en microéconomie

La microéconomie regorge de définitions pour savoir ce qu'est un bien. Nous essaierons simplement de synthétiser les différents apports.

Du besoin économique au bien de consommation

L'existence d'un bien économique répond toujours à un besoin d'un ou de plusieurs individus de l'économie. Dans ce cadre, on appelle l'individu consommateur ou son groupe ménage : l'assouvissement de ces besoins est procuré par la consommation d'un bien nommé simplement bien de consommation. Ce type de bien s'oppose à bien de production, utilisé dans un processus de fabrication (voir ci-dessous), mais la distinction est quelquefois absconse (un composant électronique change selon qu'il est commercialisé à un consommateur ou à une entreprise d'électroménager, par exemple une ampoule LED). Le bien de consommation est fréquemment en quantité abondante ou au moins supérieure à 1. Dans le cas opposé, on parle de bien non-reproductible (ex : une œuvre d'art).

Il est aussi convenu que chaque bien économique forme un marché propre, c'est-à-dire qu'il existe une demande et une offre pour ce bien équilibrée par un prix strictement supérieur à 0. Les biens économiques s'opposent en ce sens aux biens libres, qu'on trouve gratuitement et en abondance (comme le soleil, l'air, l'eau dans certaines régions). En réalité les biens libres ne répondent pas aux forces du marché car ils sont naturellement en équilibre (le soleil et la lune nous éclairent tour à tour sans contrainte). Mais un jour ils peuvent devenir biens de consommation et répondre à la logique d'un marché, à titre d'exemple pessimiste, l'air s'il devient trop pollué.

Les deux dernières distinctions sont hors du champ d'analyse standard.

Théorie du consommateur

Un bien de consommation étant défini, la théorie conduit à la formulation par le consommateur d'une demande positive[1] et non-nulle pour ce bien : il s'agit de la quantité désirée pour un prix donné. On suppose que les biens sont divisibles c'est-à-dire que leurs quantités décrivent la totalité des nombres continus (ensemble \R) et pas uniquement les entiers naturels (ensemble \N). Cela peut quelquefois poser problème car l'ensemble des biens ne sont pas divisibles (on ne peut pas avoir 1, 56 automobile), mais pour simplifier, on étend le domaine de définition des quantités sur la totalité continue qu'on ramène après l'avoir étudié à un ensemble discret.

On dit qu'un bien est typique si, lorsque le prix du bien augmente, le consommateur en demande une quantité moindre. On dit que le bien est a-typique si, lorsque le prix du bien augmente, le consommateur en demande une plus grande quantité (ex : un bien de luxe, tel un parfum ou une montre en or).

On dit qu'un bien est normal si, à prix constant, lorsque les revenus du consommateur augmentent, il désire acheter plus de ce bien. On dit que le bien est inférieur si, lorsque les revenus augmentent, le consommateur veut en acheter moins.

Le consommateur ne se contente pas d'un seul bien : supposons qu'il en existe au moins un deuxième. Les deux biens que nous désignons par bien 1 et bien 2 peuvent avoir une certaine substituabilité c'est-à-dire que leurs quantités sont liées pour ce consommateur. Si lorsque le prix du bien 2 augmente, le consommateur réduit sa demande en bien 1, on dit que les biens sont des biens complémentaires. Si lorsque le prix du bien 2 augmente, le consommateur augmente sa demande en bien 1, on dit que les biens sont des substituts bruts (ou par abus biens substituables).

Ces six appellations n'ont qu'une portée didactique, la réalité est tout autre et combine des effets variés (effet revenu, effet substitution, effet King, effet Giffen, effen Veblen). Le calcul précis des élasticités sert à détailler ces phénomènes.

Théorie du producteur

Article détaillé : Théorie néoclassique du producteur.

La théorie du consommateur ne précise pas vraiment d'où proviennent les biens de consommations : soit ils sont déjà présents dans l'économie soit ils sont produits par une firme.

Le schéma de la firme est assez simple, elle utilise des facteurs (ou inputs) qui sont fréquemment fréquemment résumé par l'unique travail[2], mais qui peuvent aussi être d'autres biens de production. On nomme capital toute machine ou instrument utilisée dans le processus de production et qui n'est pas détruit. On nomme bien consemptible un bien qui au cours du processus de production est entièrement détruit (ex : l'essence utilisée pour faire tourner une machine). La production du bien final par l'entreprise (dite output) est alors représentée par une fonction de production, combinaison d'au moins un de ces trois facteurs : Q = f (L, K, F) où Q est le bien produit, L le travail (pour labour en anglais), K le capital et F le bien fongible.

Typologie au sens de Samuelson

Paul Samuelson propose une classification théorique particulièrement simple des biens économiques, en comparant deux principes.

En combinant ces deux principes on obtient deux appellations élémentaires :

Exclusif Non-exclusif
Rival Bien privatif pur Bien collectif impur
Non-rival Bien privatif impur Bien collectif pur

Mais la microéconomie a développé de nombreuses théories concernant ces biens et elle a plus volontiers recours à une appellation simplifiée, par abus de langage :

Exclusif Non-exclusif
Rival Bien privé Bien commun
Non-rival Bien club Bien public

Les biens en macroéconomie

L'essence même de la macroéconomie est l'agrégation. Elle synthétise alors l'ensemble des biens existants comme un seul et unique bien fictif et recours rarement à la distinction de la comptabilité nationale. Par constructions successives, on peut particulièrement affiner un modèle macroéconomique et introduire n groupes de biens jusqu'à retomber sur la précision microéconomique.

Modèle IS-LM

Par définition, le modèle IS-LM décrit une économie fermée, c'est-à-dire n'échangeant pas avec le reste du monde. Il existe dans cette économie un stock d'origine de biens économiques nommé capital initial et noté K0. Hérité du passé, ce capital est directement utilisé par les entreprises (fréquemment agrégées en une firme monopolistique) où combiné au travail des salariés noté N il sert à produire une quantité Y de biens économiques. Il s'agit de la transformation standard par la fonction de production de l'économie qui s'écrit : Y = g (K0, N) . Comme le capital d'origine est donné, il ne fluctue pas. La relation précédente peut être résumée par : Y = f (N) .

Le bien produit qui forme l'offre est alors vendu sur son marché face à une demande tripartite :

  1. Les ménages de l'économie veulent consommer une quantité C de ce bien qui est par conséquent un bien de consommation.
  2. Le gouvernement achète pour l'optimalité de l'économie une quantité G de ce bien qui est aussi un bien public.
  3. Les entreprises veulent elles aussi réutiliser une partie pour la production future. Elles en demandent une quantité I, le bien est par conséquent aussi un bien d'investissement.

Il s'agit de la démonstration intuitive de l'équation définissant la courbe IS représentative du marché des biens : Y = C + I + G. Comme c'est un marché unique le bien est commercialisé au même prix pour tous noté P. Cet argument n'est pas dénué de sens. Pour un pays européen, ce prix peut par exemple être l'IPCH (indice des prix à la consommation harmonisé). Pour les États-Unis, on peut penser au PPI (Producer Price Index) qui remonte jusqu'en 1891[3].

Le modèle contient aussi trois autres biens particulièrement singulier qu'il convient de mentionner :

, est le traitement de ses utilités relatives, c'est-à-dire la consommation de ressources rares ou non, qui lui permettent de maintenir son existence et son projet, dans un environnement déterminé et en évolution ; ceci entraîne la production de "déchets" divers qui sont tout autant de ressources pour d'autres éléments-systèmes de cet environnement.

La question de l'équilibre de ce dispositif et de son environnement sont par conséquent vitales et complexes, par conséquent jamais garanties. Ainsi l'économie devient l'étude des économies réelles, celle des dispositifs existants, dont essentiellement les êtres humains et leurs diverses formes de société.

La question de la rareté intervient alors comme facteur de problème dans de nombreux cas, mais pas forcément.

Notes et références

  1. En gestion, on parle quelquefois de demande négative. C'est un bien répondant à un besoin pour lequel un consommateur exprime de l'aversion (ex : les pompes funèbres).
  2. Le travail est reconnu comme un bien économique radicalement différent des autres. Pour l'employeur, le bien-travail se négocie sur un marché à un salaire d'équilibre. Pour l'employé le bien travail n'en est pas vraiment un, on a recours à son son opposé, à savoir le loisir. Le salaire représente alors le "prix" du loisir.
  3. Voir l'article suivant sur Wikipedia en anglais : U. S. Producer Price Index

Voir aussi

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"C'est bien produit avec un son"

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