Comptabilité en partie double

La comptabilité en partie double, ou digraphie, est la base du dispositif comptable utilisé par l'ensemble des entreprises et organisations.


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Principe comptable - Comptabilité

Définitions :

  • Convention comptable de base par laquelle chaque opération inscrite est représentée par deux entrées, un crédit et un débit, de valeur égale. Cette convention permet de la compilation de l'état de la balance des paiements. (source : statcan.gc)

La comptabilité en partie double, ou digraphie, est la base du dispositif comptable utilisé par l'ensemble des entreprises et organisations. Elle est fondée sur l'idée selon laquelle les opérations et la situation financière d'une organisation peuvent être représentées par des comptes. Chaque compte contient l'historique des modifications de la valeur monétaire d'un aspect spécifique de l'organisation. On parle de partie double lorsque l'enregistrement d'écriture est inscrit dans deux comptes (au moins)  : un compte débité, et un compte crédité.

Historique

Elle a été codifiée à Venise par Luca Pacioli au XVe ou XVIe siècle (traité de comptabilité «Tractatus XI particularis de computibus et scripturis» publié en 1494, un des premiers textes à bénéficier de la découverte de l'imprimerie. Ce dispositif était d'emploi habituel dans les banques italiennes de l'époque. De récentes découvertes (papyrus Boulaq 18) situent cette invention énormément plus tôt dans le temps, en Égypte antique, il y a à peu près 3700 ans.

L'objet du dispositif était d'obtenir la variation de valeur de l'entreprise pendant une période donnée, expliquée par la variation des soldes des différents comptes. Toute variation d'un compte était expliquée par le solde précédent et les mouvements de la période. Le contrôle par balance carrée des mouvements détaillés dans les journaux et dans les balances de soldes garantissait contre les erreurs d'écritures habituelles lors des reports manuels entre journal et livre de compte.

Avant son invention, était tenue une comptabilité en partie simple qui ne permettait pas de recoupements faciles, propice aux disparitions inexpliquées de ressources.

Principes de base

Dans son principe, l'inscription d'un montant dans un compte implique toujours la mention de même montant dans un autre compte, ce qui favorise les recoupements et la trace des disparitions. Impérativement, l'un des deux comptes doit être débité et l'autre doit être crédité de façon à établir la contrepartie. Cette double mention matérialise aussi la dualité de flux impliqués dans chaque transaction comptable.

La balance comptable, si elle est équilibrée (total des soldes créditeurs = total des soldes débiteurs), sert à vérifier que ce principe a bien été respecté lors de l'enregistrement d'un ensemble d'opérations (même s'il est toujours envisageable que deux erreurs se «compensent»).

Débit et crédit

Article détaillé : comptabilité générale.

Crédit et débit sont deux notions complémentaires : à toute opération correspond au moins un débit dans un compte et un crédit dans un autre (une même opération peut combiner plusieurs débits et plusieurs crédits). Ce sont des notions de flux (des variations comparé à la situation antérieure) et non des notions de stock.

Un crédit est une ressource qui est utilisée dans l'opération : ce peut être une réduction du patrimoine (l'actif, un emprunt (= une dette nouvelle, une augmentation de l'endettement : voir passif), une augmentation du produit, ...

Un débit est un emploi de cette ressource par l'opération : ce peut être un achat (une augmentation du patrimoine : l'actif, une réduction des sommes dues (remboursement d'emprunt, réduction du passif), une réduction du produit ou une augmentation des charges, ...

L'extrait de compte apporté par le banquier fonctionne «à l'envers», parce qu'il est établi du point de vue de la banque : les sommes versées sur votre compte (salaires etc. ) forment pour elle une ressource (= crédit ; simultanément, cela augmente la dette de la banque à votre égard, ou réduit votre dette à son égard si vous être "débiteur"), les sommes retirées (paiement de chèques, carte bleue, etc. ) forment une utilisation (= débit). Du point de vue du client de la banque, s'il utilise une comptabilité en partie double lui-même, ce que la banque nomme crédit (une entrée d'argent) est un débit (c'est une utilisation de l'argent), et vice versa (un débit pour la banque est une ressource de son client, par conséquent, pour lui, un crédit).

Exemple de l'achat d'un véhicule

Une entreprise qui achète un véhicule 10 000 € augmente son patrimoine dans la mesure où elle a un véhicule. C'est un débit. En contrepartie, elle doit payer ce véhicule, par conséquent faire diminuer sa trésorerie, événement qu'on inscrit au crédit. On passera l'écriture suivante :

Intitulés Débit Crédit
Compte Mobilier et Matériel Roulant (MMR) 10 000
     Compte de Valeurs disponibles 10 000

La première ligne représente le débit, la seconde le crédit.

L'opération est légèrement plus complexe si elle achète le véhicule dans un garage sans le payer immédiatement : elle inscrira le véhicule au débit, et constatera qu'elle a une dette envers son fournisseur.

Intitulés Débit Crédit
Compte MMR 10 000
     Compte de fournisseur 10 000

Lorsqu'elle réglera, elle passera l'écriture suivante :

Intitulés Débit Crédit
Compte de fournisseur 10 000
     Compte de Valeurs disponibles 10 000

Et l'opération sera terminée. Dans le compte fournisseur, le débit et le crédit de 10 000 € seront compensés, signifiant que le fournisseur a finalement été payé.

Avantages

Cette technique est bien supérieure à la comptabilité simple. En effet, elle permet d'enregistrer non seulement les opérations financières immédiates, mais également les opérations différées dans le temps : les emprunts, les prêts et les réserves ou provisions pour des opérations envisagées de façon certaine.

De même, elle autorise tout instant d'assurer que la richesse et les avoirs (ce que l'entreprise possède et qui est au débit) sont égaux aux dettes (ce que l'entreprise doit, et qui est inscrit au crédit)  : si de la richesse est créée (supposons la vente de services), le résultat de l'opération sera comptabilisé au bilan comme une dette envers l'actionnaire. On fait ainsi toujours correspondre une opération de recette ou de dépense avec un moyen de la réaliser.

Ceci donne une image la plus fidèle envisageable de l'état des richesses d'un organisme à tout moment et de ses interactions avec les différents acteurs dont il dépend.

Certaines opérations (avec TVA par exemple) font entrer en jeu plusieurs débits et plusieurs crédits dont les sommes des débits doivent être identiques aux sommes des crédits. Elle recourt à un plan comptable pour catégoriser les opérations, mais chaque compte peut être débité ou crédité et dispose par conséquent d'au moins deux colonnes.

L'historique des écritures reflète ainsi à chaque date, la photographie de la situation financière de l'entreprise, avec ses acquis, l'état de sa trésorerie, l'évaluation des risques, ses dettes et ses créances. Cette technique offre en outre des garanties de cohérence bien plus grande que celle d'une comptabilité simple. L'égalité entre les débits et les crédits permet en effet des contrôles sous plusieurs angles de la rigueur de la comptabilité. Surtout, le solde des comptes de bilan et celui des comptes de résultats doivent être égaux d'une part et d'autre part s'équilibrer : l'un créditeur (somme des crédits supérieure à celle des débits) et l'autre débiteur (somme des débits supérieure à celle des crédits).

Ce dispositif ne garantit pas totalement contre la fraude : le plus souvent les opérations sont techniquement correctes (débit=crédit), mais la fraude provient de pièces comptables découvertes ou trafiquées et/ou d'affectations de comptes erronées, ou alors à des abus de confiance (signature de deux chèques pour une même opération par exemple). Quelquefois ce sont des dispositifs virtuels particulièrement très élaborés qui sont employés.

Le terme "partie double" est quelquefois pris au sens de comptabilité générale. Cette association est impropre car il existe des comptabilités analytiques tenues en partie double.

Les dispositifs modernes beaucoup informatisés enregistrent les flux d'événements en partie simple et ne les convertissent en écritures qu'en fin de période autant dans les journaux que dans les comptes. Il n'y a quasiment plus de risque de déséquilibre formel des balances (quand le programme est au point). Le contrôle de l'exactitude des comptes est renvoyé sur chacun des sous ensembles informatiques concernés qui enregistrent les événements de façon séquentielle.

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