Économie / Économique

L'économie, ou l'activité économique est l'activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l'échange et la consommation de biens et de services.


Catégories :

Économie

Définitions :

  • Épargne dans la dépense; Épargne mise en réserve; L'ordre, la règle qu'on apporte dans la conduite d'un ménage, dans la dépense d'une maison, dans l'administration d'un bien; Ensemble cohérent des flux de biens, de services, de finances au sein d'un groupe humain; Discipline des sciences... (source : fr.wiktionary)
  • économique - Qui diminue les frais, la dépense; Qui concerne l'économie, le gouvernement d'un ménage, d'une maison; Qui se rapporte à l'économie politique → voir économicopolitique (source : fr.wiktionary)
  • Science humaine étudiant la satisfaction des besoins avec biens en fonction d'une contrainte budgétaire (source : epaifribourg)

L'économie, ou l'activité économique (du grec ancien οἰκονομία / oikonomía : «administration d'un foyer», créé à partir de οἶκος / oîkos : «maison», dans le sens de patrimoine et νόμος / nómos : «loi, coutume») est l'activité humaine qui consiste en la production, la distribution, l'échange et la consommation de biens et de services.

Cependant, le mot est polysémique. L'économie est le concept étudié par les sciences économiques, celles-ci prenant appui sur des théories économiques, et sur la gestion pour sa mise en pratique. Le terme «d'économie» (economics en anglais), au sens seulement d'économie politique, a été popularisé par les économistes néoclassiques tel qu'Alfred Marshall. Le mot «économie» devient alors, de façon concise, synonyme de «science économique» et peut être reconnu comme substitut de l'expression «économie politique»[1], [2]. Cela correspond à l'influence notable des méthodes mathématiques utilisées dans le domaine des sciences naturelles[3].

On parle aussi de l'économie lato sensu comme de la situation économique d'un pays ou d'une zone, c'est-à-dire de sa position conjoncturelle (comparé aux cycles économiques) ou structurelle. Dans ce sens, l'économie est par conséquent un quasi synonyme à la fois de dispositif et de régime. Enfin, généralement, en français, on parle d'économie comme synonyme de réduction de dépense ou d'épargne. L'économie peut en effet être le résultat d'une organisation interne plus efficiente : on parle alors d'économie interne. La baisse du coût moyen due à l'augmentation de la dimension de l'entreprise forme une économie d'échelle ou économie de dimension. L'économie peut résulter d'un phénomène extérieur au pouvoir de décision de l'agent : on parle alors d'économie externe ou externalités qui peuvent être soit positives si elles apportent un plus aux agents économiques soit négatives dans le cas opposé.

L'économie au sens moderne du terme commence à s'imposer à partir des mercantilistes et développe à partir d'Adam Smith un important corpus analytique qui est le plus souvent scindée en deux grandes branches : la microéconomie ou étude des comportements individuels et la macroéconomie qui émerge dans l'entre-deux-guerres. Actuellement l'économie applique ce corpus à l'analyse ainsi qu'à la gestion de nombreuses organisations humaines (puissance publique, entreprises privées, coopératives etc. ) et de certains domaines : international, finance, développement des pays, environnement, marché du travail, culture, agriculture, etc.

Histoire de l'économie

Article détaillé : Histoire de l'économie.

L'économie de l'Antiquité à la fin du XVIIIe siècle

L'économie de l'Antiquité à la fin du Moyen Âge

Pour Adam Smith[4], durant l'âge de pierre[Note 1], il y avait une division du travail au sein des tribus de chasseurs ou de bergers, les uns fabriquant les instruments de chasse et les autres les utilisant. Puis à partir de la fin du 6e millénaire av. J. -C. les Cités-États de Sumer ont développé leurs commerces et leurs économies à partir des marchés de matières premières. Le «shekel» était une mesure basée sur le poids de l'orge, alors que les Babyloniens et les Cités-États voisines développèrent le premier système économique utilisant une métrique de produits divers, qui était fixée par un code juridique[5]. Les premiers codes de loi de Sumer pourraient être reconnus comme les premiers écrits économiques, dont de nombreux attributs sont toujours en usage dans la valorisation des prix d'aujourd'hui tels les montants codifiés d'échange d'argent lors des échanges commerciaux (taux d'intérêt), amendes, règles d'héritage, lois concernant la façon dont la propriété privée doit être imposée ou divisée, etc. [6]

La pensée économique remonte aux civilisations mésopotamienne, grecque, romaine, indienne, chinoise, perse et arabe. En mésopotamie, de nombreuses tablettes trouvées surtout à Kanish, en Anatolie, ou à Assur démontrent une intense activité commerciale[Note 2]. Parmi les écrivains notables de la période, nous pouvons citer Aristote, Chânakya (aussi connu sous le nom de Kautilya), Qin Shi Huang, dans l'Antiquité ; Thomas d'Aquin et Ibn Khaldoun au Moyen Âge. Joseph Schumpeter a en premier lieu reconnu les scolastiques de la fin du XIVe siècle au XVIIe siècle comme les fondateurs les plus proches de la science économique. Raisonnant dans le cadre du droit naturel ils préfigurent l'économie moderne dans le domaine de la politique monétaire, de l'intérêt, et la théorie de la valeur dans le cadre du droit naturel[7]. Après avoir découvert le Muqaddima, Schumpeter vit en Ibn Khaldoun le plus proche précurseur de l'économie moderne[8], même si la majorité de ses théories économiques ne furent connues en Europe qu'à une époque assez récente[9].

Un auteur, L. K. Jha, voit dans la pensée du philosophe indien Chânakya (340-293 avant J. -C), antérieure à celle d'Ibn Khaldoun d'un millénaire et demi, des aspects qu'on retrouve plus tard dans l'économie moderne[10]. Conseiller auprès du trône de l'empire Maurya de l'ancienne Inde, auteur prolifique, surtout en économie politique, son magnum opus, est le Arthashastra (La Science des richesses et du bien-être) [11], [Note 3].

Les débuts de l'économie moderne : le mercantilisme (1450-1750)

Jean-Baptiste Colbert
Jean-Baptiste Colbert la grande figure du mercantilisme en France

Le mercantilisme apparaît vers 1450 et domine la scène jusque vers 1750[12]. Il naît au moment où émerge la notion d'État qui doit s'imposer sur deux fronts : à l'extérieur face au pouvoir papal ainsi qu'à l'intérieur pour unifier le territoire[13]. Le mercantilisme est protectionniste à l'extérieur mais à l'intérieur, au contraire, il vise à l'unification du marché national. Cette doctrine économique connaît son apogée du XVIe siècle au XVIIIe siècle, propagée par une littérature prolifique de pamphlets de commerçants ou d'États. Elle estime que la richesse d'une nation dépend de l'importance de sa population et de l'accumulation d'or et d'argent. Les nations qui n'ont pas accès aux mines peuvent obtenir l'or et l'argent en facilitant leur outil productif et en stimulant leurs exportations. Pour ce faire ils vont à la fois limiter les importations de produits finis et pousser aux importations de matières premières conçues pour être manufacturées et exportées avec profit[14], [15]. Les mercantilistes accordent une place particulièrement forte à la balance commerciale, ce que leur reprochent plus tard David Hume et Adam Smith. Il se décline selon plusieurs modèles. Certains auteurs[16] distinguent le mercantilisme bullioniste[Note 4] portugais ou espagnol, le mercantilisme industrialiste français dont Jean-Baptiste Colbert est la figure de proue, le mercantilisme commercial anglais et le caméralisme allemand qui se considère comme une science des choses de l'État[17], [Note 5].

Pour Eli Heckscher[18] «un des traits majeurs de l'économie politique [mercantiliste] sinon principal de tous [était] ce qui est nommé en France «fiscalisme»... L'État, par ses interventions, voulait créer de fortes sources de revenu pour lui-même (... ), [et] exploitait à ses propres fins les avantages monopolistiques que les guildes avaient garantis à leurs membres et que les propriétaires privés de moyens de production avaient reçus pour eux-mêmes». Pour Ekelund et Tollison, des économistes de l'école des choix publics, le principal souci de Colbert était, en premier lieu et avant tout, de faire rentrer des impôts. C'est parce qu'il ne put réformer la «taille réelle», tant cette réforme était impopulaire, qu'il se lança dans la création et la vente de droits de monopole[19]. Max Weber dans son ouvrage L'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme[20] souligne combien les puritains anglais étaient opposés, à la même période, à la vente de monopoles par les Stuarts. En effet cela les aurait tenus à l'écart de secteurs où ils pouvaient développer au mieux les dons et la capacité que Dieu leur avait donnés. Weber insiste aussi sur l'influence de cette opposition dans les révolutions anglaises du XVIIe siècle.

L'apparition de l'économie moderne 1750 -1776 : les physiocrates et Adam Smith

Richesse des Nations par Adam Smith, édition Blanqui de 1843

La publication par Adam Smith de la Richesse des nations en 1776, est fréquemment vue comme marquant l'apparition de l'économie comme une discipline à part entière[21]. La pensée que transmet ce livre considère la terre, le travail (économie) et le capital comme les trois facteurs de production et les grands contributeurs à la richesse d'une nation. La concomitance entre la période où Smith écrit ses deux grandes œuvres la Théorie des sentiments moraux (1759) et les Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations abrégées en Richesse des nations (1776) avec la période où les physiocrates sont actifs (1756-1777) [Note 6] invite à les traiter ensemble de façon à mieux cerner les proximités et les divergences.

Les physiocrates forment un groupe de penseurs français du XVIIIe siècle qui ont conçu les premiers l'économie comme un flux circulaire de revenus et de dépenses. Ils croyaient que seule la production agricole pouvait générer un excédent évident comparé au coût, l'agriculture étant pour par conséquent la base de toute richesse[N 1]. Ils préconisaient le remplacement administrativement coûteux du recouvrement de l'impôt par une taxe unique sur les revenus des propriétaires fonciers. Les variations d'un tel impôt foncier ont été ultérieurement reprises par certains économistes (y compris par Henry George un siècle plus tard) du fait de la relative faiblesse de distorsion de cette source de recettes fiscales. En réaction contre l'abondante réglementation du commerce mercantiliste, les physiocrates préconisaient une politique de «laissez-faire», qui proposait l'intervention minimale du gouvernement dans l'économie[22].

Si Adam Smith ne tient pas l'agriculture comme source de toute richesse, les divergences tiennent aussi à la notion de dispositif (les physiocrates parlent plutôt d'ordre) de liberté naturelle. Si pour Adam Smith la physiocratie est «peut-être la plus pure approximation de la vérité qui n'ait jamais toujours été publiée» sur le sujet[23], il lui reproche son dogmatisme. Il accuse Quesnay, médecin chef de file des physiocrates, de s'être fait la même idée du corps politique que celle du corps humain et de croire que le meilleur régime était «le régime exact de l'idéale liberté et de l'idéale justice». Il lui reproche, ce faisant, de négliger les efforts faits par les hommes pour corriger et tirer le meilleur parti de dispositifs imparfaits[23]. Se posent alors les questions de savoir ce que Smith entend par dispositif de la liberté naturelle et quelle signification il donne à la main invisible. Deux grandes interprétations ont été avancées.

Pour Smith, selon une vision beaucoup répandue, reprise en partie par Friedrich Hayek, l'économie parfaite serait un dispositif de marché autorégulateur répondant automatiquement aux besoins économiques de la population, et il décrirait le mécanisme du marché comme une «main invisible» qui conduit l'ensemble des individus à poursuivre leurs propres intérêts, pour produire le plus grand bénéfice pour la société dans son ensemble[Note 7]. John Maynard Keynes[24] remarque que la formule de laissez-faire ne se trouve ni dans les écrits d'Adam Smith ni dans ceux de David Ricardo ou de Thomas Malthus. Pour lui, ce sont celles des vulgarisateurs du XIXe siècle comme Harriet Martineau ou Mrs Marcet, des Easy Lessons for the Use of Young People (1850) ou encore de l'archevêque Whately qui fut le premier professeur d'économie à l'Université d'Oxford (1829). C'est par eux que le dogme est «devenu une maxime de cahier d'écolier»[25]. De même, la majorité des chercheurs ayant travaillé sur l'œuvre d'Adam Smith[Note 8] pensent que cette version ne traduit pas de façon correcte la pensée d'Adam Smith. Même si, entre eux, des différences existent, il est envisageable de dégager de grands points d'accords. D'une part, comme l'a montré Jacob Viner dans le dispositif de la liberté naturelle de Smith, les pouvoirs publics interviennent bien plus qu'on ne l'imagine habituellement. D'autre part, la main invisible ne veut pas dire qu'il y ait automatiquement harmonisation des intérêts, mais que les actes ont des conséquences inattendues, quelquefois positives, quelquefois négatives[26]. Enfin, en lien avec la remarque que Smith faisait aux physiocrates, ils estiment que le libéralisme économique de Smith «prône le perfectionnement intentionnel d'un ordre suboptimal non intentionnel»[27].

L'économie de 1800 à nos jours

L'économie politique classique 1800-1870

Pour Daniel Villey, «les bases principales du dispositif ricardien - la loi de la population, la loi des rendements décroissants, la théorie de la rente - viennent de Malthus»[28]. Pour Malthus[N 2], la population a tendance à augmenter géométriquement tandis que la production de denrées alimentaires ne s'accroît que de manière arithmétique. Pour rétablir l'équilibre la nature dresse des obstacles efficaces (famines, épidémies etc. ) mais inhumains[29]. Pour Malthus, un pasteur, il conviendrait plutôt de limiter la reproduction par des moyens artificiels[29]. Il y a chez lui un certain pessimisme sur les capacités d'augmenter la production du fait de la Loi des rendements décroissants. Malthus conteste aussi qu'une économie de marché amène automatiquement au plein emploi comme le fera aussi Keynes plus tard.

Tandis qu'Adam Smith s'intéressait à la production de revenus, David Ricardo[N 3] axe ses recherches sur la distribution des revenus entre les propriétaires fonciers qui perçoivent des rentes, les travailleurs qui reçoivent des salaires (qui sont liés au minimum indispensable pour subsister et par conséquent au prix du blé) et les capitalistes dont les revenus sont constitués par les profits[30]. Au centre de la problématique ricardienne se trouve le problème de la rente foncière (pour lui, la croissance de la population et des capitaux se heurte à une offre inchangée de terre qui pousse la rente foncière vers le haut et génère une baisse des salaires et des profits[31]. L'œuvre de Ricardo se situe dans le contexte de l'abolition des corn laws qui facilitent les propriétaires terriens et de la conversion de l'Angleterre au libre-échange dont Ricardo avec la loi des avantages comparatifs fait partie des grands théoriciens.

À la fin de la tradition classique, John Stuart Mill se distingue des économistes antérieurs de cette école sur la question de la redistribution des revenus produits par le marché. Il attribue deux rôles au marché : une capacité à répartir des ressources et une capacité à répartir les revenus. Si le marché est efficace dans l'allocation des ressources, il l'est moins dans la distribution des revenus, ce qui oblige la société à intervenir[N 4].

La théorie de la valeur est un concept important la théorie classique. Smith écrit que le prix réel de chaque chose est le labeur et la peine de l'acquérir sous influence de sa rareté. Il soutient que, avec les rentes et les profits, les frais autres que les salaires entrent aussi dans le prix d'un produit[32]. David Ricardo a systématisé et simplifié cet aspect de la pensée smithienne en élaborant ce qui a été nommé la «théorie de la valeur travail» qui a été plus tard reprise par Karl Marx tandis que les néo-classiques lui ont substitué la théorie de l'utilité marginale.

Le marxisme

Pour aller plus loin : voir le Portail du Marxisme.
Karl Marx
Karl Marx reprend le problème des rendements décroissant du capitalisme

L'économie marxiste résulte des travaux de Karl Marx (surtout du livre Das Kapital, publié en 1867) et de Friedrich Engels. Sur un plan général, l'économie n'est pas dans cette optique une science totalement scindée de la sociologie, de l'histoire de l'antrophologie[33]. Au contraire le matérialisme historique vise à unifier l'ensemble des sciences sociales dans une science de la société[33]. D'autre part, trois points essentiels caractérisent l'économie marxiste[34] : le travail, l'exploitation et les crises liées à l'accumulation de capital.

Si Marx reprend la théorie de la valeur travail de Ricardo, il reproche à cet auteur de ne pas avoir analysé comment le dispositif capitaliste avait émergé et comment cela avait donné aux capitalistes le pouvoir et la capacité d'exploiter les travailleurs qui n'ont que leur force de travail à vendre[34]. Les crises s'inscrivent dans le cadre des lois de l'évolution du mode de production capitaliste.

Au niveau global, selon l'économie marxiste, il y aurait des lois de l'évolution du capitalisme [35] telles que : la propension des capitalistes à accumuler, la tendance à des révolutions technologiques constantes, la soif inextinguible des capitalistes pour la plus-value, la tendance à la concentration, la tendance du capital à devenir de plus en plus «organique» (c'est-à-dire à moins recourir au capital variable qu'est le travail), la tendance au déclin du taux de profit, la lutte des classes, la tendance à une polarisation sociale croissante, la tendance à ce que les salariés soient employés dans des entreprises de plus en plus grandes et enfin, l'inéluctabilité des crises dans le dispositif capitaliste[36]. Les crises sont dans ce cadre toujours des crises de surproduction alors les crises précapitalistes étaient des crises de sous-production. Les crises sont vues par les marxistes comme un moyen pour le capitalisme de se renouveler[37].

La révolution marginaliste

La révolution marginaliste survient vers 1870-1871 lorsque William Stanley Jevons, Léon Walras et Carl Menger introduisent le concept d'utilité marginale centré sur la valeur pour le consommateur et récusent la valeur travail[38]. Cependant entre les trois fondateurs du marginalisme, il est envisageable de relever de fortes différences.

Léon Walras, qui a préparé le concours à l'École polytechnique, est marqué par le rationalisme français ce qui le conduit à une approche hypothético-déductive ainsi qu'à un dispositif d'équilibre général particulièrement abstrait. S'il est reconnu comme le fondateur de l'école de Lausanne, il a de son temps peu d'influence en France où la discipline peine à prendre son autonomie vis-à-vis du droit. Une économie mathématisée commencera à s'imposer de façon cohérente dans ce pays quand Clément Colson deviendra, en 1918, professeur d'économie à l'école polytechnique. Cependant, ce sont John Hicks et Paul Samuelson qui réellement contribueront à forger sa célébrité.

Stanley Jevons, tout comme Léon Walras, veut aussi mathématiser l'économie mais il est plus inductif, il veut partir de l'étude des faits, des réalités, en raisonnant dans un cadre qui reste utilitariste (raisonnement en termes de plaisir et de peine ou d'avantage et d'inconvénient). Cette démarche aura une forte influence sur l'économie surtout aux débuts du vingtième siècle et marque toute l'économie appliquée actuelle.

Carl Menger le fondateur de l'école autrichienne rejette l'usage des mathématiques et considère l'utilisation d'équations simultanées à la Walras comme incapable de mettre en lumière les relations causales mais aussi de rendre compte de la fugacité des échanges. Il trouve qu'il y a quelque chose de collectiviste chez le fondateur de l'école de Lausanne[39]. Ce que cherche Menger c'est une science capable de rendre du comportement des agents, de saisir les essences des phénomènes économiques[39].

La révolution keynésienne

John Maynard Keynes montre l'importance de l'investissement public pour certaines nations

Pour Keynes, une économie de marché ne possède pas de mécanismes qui l'amène de façon automatique vers le plein emploi de ses ressources, d'où la possibilité d'un chômage involontaire qui rend indispensable une intervention extérieure au marché. Keynes raisonne d'emblée en terme macroéconomique d'offre globale et de demande globale. Dans son cadre macroéconomique, la production, et par conséquent l'emploi, dépend des dépenses. Si la demande n'est pas suffisante, les entreprises ne produiront pas suffisament et n'emploieront pas l'ensemble des salariés d'où l'obligation pour le gouvernement de conduire des politiques de soutien à la demande, c'est-à-dire de soutien à la consommation et/ou à l'investissement. Keynes insiste spécifiquement sur l'investissement.

Au cœur de la révolution keynésienne se trouve la réfutation de la loi de Jean-Baptiste Say qui décrit que l'offre crée sa propre demande. Cette loi fonde ou plutôt exprime l'optimisme et aussi le naturalisme de l'économie classique qui veut qu'il ne puisse y avoir de crise économique durable. Si Keynes insiste sur ce point, c'est parce qu'il a motivé les refus par les autorités de toutes ses propositions de politique économique durant les années vingt.

Le livre est postérieur à la crise de 1929 où, d'une certaine façon, les dirigeants ont fait du keynésianisme sans le savoir[40], [41].

Le keynésianisme de Keynes a eu trois successeurs. Les post-keynésiens, fréquemment associés à l'Université de Cambridge ainsi qu'à Joan Robinson, mettent l'accent sur les rigidités macroéconomiques et d'ajustement[42]. Les keynésiens de la synthèse néoclassique ont dominé la période des trente glorieuses et aujourd'hui la nouvelle économie keynésienne met davantage l'accent sur les comportements humains et les imperfections des marchés. Au niveau des théories de la croissance, ils utilisent des modèles de croissance endogènes.

Les courants hétérodoxes

Article détaillé : École de pensée économique.

Le première école qui s'est voulue hétérodoxe, ou plutôt dont certains membres comme Hale Walton Hamilton se sont revendiqué hétérodoxes sont les institutionnalistes américains. Néenmoins le cas n'est pas si évident que cela pour deux raisons. D'une part les économistes américains jusqu'à la Seconde Guerre mondiale étaient à la fois orthodoxes et hétérodoxes, d'autre part, les institutionnalistes américains ont été influents dans des think tanks aussi importants que le NBER ou la Brookings institution ou encore à la London School of Economics. De manière analogue aujourd'hui la nouvelle économie institutionnelle quoiqu'hétérodoxe, a une profonde influence sur une grande part de l'orthodoxie constituée par l'école néoclassique. Lorsque on s'interroge sur ce qui différencie l'orthodoxie de l'hétérodoxie, généralement, on considère que la première privilégie la trilogie équilibre-rationalité-individualisme alors que la seconde est plus orientée sur la trilogie structure sociale-institutions-histoire[43].

Parmi les autres écoles hétérodoxes, les plus fréquemment citées sont l'école autrichienne (qui n'est pas sans avoir influencé les néoclassiques surtout dans les années 1980-2008), le marxisme, le post-keynésianisme, un des courants les plus influents, mais également les féministes[44], l'économie évolutionniste, la théorie de la dépendance, l'économie structuraliste, la théorie des dispositifs mondiaux[45], ou encore l'école de la décroissance, et certains secteurs de l'altermondialisme.

L'économie hétérodoxe actuelle a une démarche théorique «empiriquement enracinée dans l'explication des modalités du processus social dans le contexte du capitalisme»[46]. Leur économie politique est basée sur l'éthique, sur la dignité humaine et tient plus compte des classes, des hiérarchies et des inégalités[44].

L'économie néoclassique : des keynésiens à l'école de Chicago et au développement durable

L'école néoclassique représente le «mainstream» c'est-à-dire le corpus enseigné dans les grandes universités américaines et d'autres comme la London School of Economics ou, semble-t-il, en France l'école d'économie de Paris et l'école d'économie de Toulouse et mis en œuvre dans les grandes institutions économiques mondiales (banques centrales, FMI, Banque mondiale, OCDE etc. )

Si le premier à utiliser le mot néo-classique fut Thorstein Veblen en 1900 pour désigner l'économie marshallienne, son usage s'est vu consacré à travers la redécouverte de Walras par Hicks, un article de George Stigler de 1941 et en particulier par l'emploi de ce terme par Samuelson dans son manuel d'économie qui était alors le plus commun au monde[47]. Les historiens de la pensée économique se sont demandé pourquoi le courant keynésien majeur avait adopté cette appellation. Plusieurs raisons sont avancées[48] : recourir à des techniques d'expertise objectives permettait de satisfaire les patrons des universités qui recherchaient des économistes politiquement corrects, d'autre part, le recours à des techniques particulièrement élaborées faisaient que le débat était réservé aux insiders et de fait les débats économiques des années cinquante-soixante-technique tel que la controverse des deux Cambridge (en clair une opposition entre néo-keynésien et post-keynésien) est assez ésotérique.

À partir des années 1970 et de travaux de Kenneth Arrow sur l'équilibre général, le néoclassicisme se fait plus libéral classique, d'autant que l'école de Chicago attaque les néo-keynésiens sur trois points : les changes fixes, la courbe de Phillips et l'intérêt de politiques budgétaires actives. Au contraire, ils vont montrer l'intérêt du contrôle de la masse monétaire pour limiter l'inflation. L'école néo-classique prend une tonalité plus libérale classique et subit aussi l'influence de Friedrich Hayek. Avec la crise économique de 2008-2010, elle semble redevenir plus keynésienne avec la nomination de certains de ces membres au FMI. L'économie néoclassique a recours de manière systématique au mécanisme d'offre et de demande pour déterminer les quantités et les prix à l'équilibre et pour étudier comment cela affecte la répartition de la production et la redistribution des revenus. Les marginalistes refusent la théorie de la valeur-travail héritée de l'économie classique et lui substituent l'utilité marginale[49].

Par la microéconomie, l'économie néoclassique présente les incitations et les coûts comme jouant un rôle omniprésent dans l'élaboration de la prise de décision. A titre d'exemple, la théorie du consommateur et la demande individuelle isolent la façon dont les prix (les coûts) et le revenu touchent la quantité demandée. En macroéconomie, ceci se traduit par une rapide et durable synthèse néoclassique[50], [51].

L'économie moderne s'appuie énormément sur l'économie néoclassique, mais avec de nombreuses améliorations que ce soient des compléments, ou des généralisations de l'analyse antérieure, telles que par l'économétrie, la théorie des jeux, l'analyse des défaillances du marché et la concurrence imparfaite, et le modèle néoclassique de la croissance économique pour l'analyse des variables à long terme qui affectent le revenu national.

Actuellement l'école néoclassique commence à s'intéresser aussi aux problèmes du développement durable avec surtout les travaux de Nicholas Stern.

L'analyse économique

Articles détaillés : Microéconomie et Macroéconomie.

La microéconomie

Paul Anthony Samuelson, un des pères fondateurs de la microéconomie, l'auteur d'un des manuels les plus marquant de l'histoire'L'économique (première édition 1948) avec les Principes d'économie politique de John Stuart Mill (première édition 1848) et les Principes d'économie politique d'Alfred Marshall (première édition 1890)

Pour Paul Krugman et Robin Wells, «l'un des thèmes majeurs de la microéconomie est la recherche de la validité de l'intuition d'Adam Smith, à savoir que des individus cherchant à satisfaire leurs intérêts propres contribuent fréquemment à promouvoir les intérêts de la société dans son ensemble»[52]. En effet, ce qui intéresse la microéconomie, c'est dans un premier temps l'étude des choix des agents économiques, c'est-à-dire de la manière dont ils procèdent à des «arbitrages» entre différentes options envisageables, en comparant leurs avantages et leurs inconvénients pour la poursuite de leurs objectifs ou la satisfaction de leurs intérêts, postulat utilitariste.

La microéconomie examine les interactions existant sur les marchés selon la rareté de l'information et la réglementation gouvernementale. On peut distinguer le marché d'un produit ou service, par exemple celui du maïs frais, des marchés des facteurs de production, capital et travail. La théorie compare les agrégats de la quantité globale demandée par les acheteurs et la quantité apportée par les vendeurs et détermine ainsi le prix. Elle bâtit des modèles pour décrire comment le marché peut atteindre l'équilibre en matière de prix et de quantité ou comment réagir aux changements du marché au fil du temps, c'est ce qu'on nomme le mécanisme de l'offre et de la demande. Les structures de marché, telles que la concurrence idéale et le monopole, sont analysées suivant les conséquences en termes de comportement et d'efficacité économique. L'analyse d'un marché unique se fait à partir d'hypothèses simplificatrices : rationalité des agents, équilibre partiel (c'est-à-dire qu'on suppose les autres marchés ne sont pas affectés). Un raisonnement en équilibre général permet d'analyser les conséquences sur les autres marchés, et peut permettre de comprendre les interactions et les mécanismes qui peuvent ramener à l'équilibre[53].

Théorie microéconomique traditionnelle

La théorie microéconomique standard suppose que les agents économiques, ménages ou entreprises, sont «rationnels»[54] c'est-à-dire qu'ils sont censés disposer de capacités cognitives et d'informations suffisantes pour pouvoir, d'une part, construire des critères de choix entre différentes actions envisageables et identifier les contraintes pesant sur ces choix, contraintes tant «internes» (leurs capacités technologiques s'il s'agit d'entreprises, par exemple), qu'«externes» (c'est-à-dire résultant de leur environnement économique), et , d'autre part, maximiser leur satisfaction sous contraintes. C'est le paradigme de l'Homo œconomicus[55]qui n'implique pas a priori que les critères de choix des individus soient purement égoïstes, ces derniers pouvant idéalement être «rationnellement» altruistes.

Cette théorie doit son existence à la synthèse opérée par l'économie mathématique néoclassique des années 40 et 50 entre les apports du courant marginaliste du XIXe siècle et la théorie de l'équilibre général de Walras[N 5] et de Pareto[N 6]. John Hicks et Paul Samuelson sont reconnus comme «le père» de la microéconomie respectant les traditions actuelle[56]. Celle-ci s'organise autour de quatre volets :

  1. La théorie du consommateur, qui étudie le comportement de ménages devant effectuer des choix de consommation de biens sous contraintes budgétaires ;
  2. La théorie du producteur, qui étudie le comportement d'entreprises qui veulent maximiser leur profit sous contraintes technologiques ;
  3. La théorie de l'échange sur des marchés, ces marchés pouvant être concurrentiels ou non concurrentiels ;
  4. La théorie de l'optimum économique, qui mobilise le concept d'optimum de Pareto pour juger de l'efficacité économique collective des interactions entre agents au travers des échanges.

La théorie respectant les traditions s'inscrit dans la perspective de l'équilibre général walrassien et a tendance «à assimiler le fonctionnement réel de la société à celui du modèle abstrait d'équilibre général»[57].

Marché et défaillances du marché

Article détaillé : Défaillance du marché.
Un marché respectant les traditions est un espace où les acheteurs et les vendeurs se rencontrent

La poursuite de l'intérêt spécifique conduit fréquemment à l'intérêt général mais pas forcément. Paul Krugman et Robin Wells notent mais aussi «la main invisible n'est pas forcément notre alliée»[52].

Une défaillance du marché est un cas dans lequel le marché échoue dans l'allocation optimale des ressources économiques et des biens et services[N 7]. On en parlera par exemple à propos d'un monopole (ou d'un cartel), d'une situation où cœxistent chômage et pénurie de main d'œuvre (logements vides et personnes sans logements, etc. ), ou encore en présence d'une pollution.

Une défaillance de marché, qui concerne l'allocation économique, est une notion différente de celle plus financière d'anomalie de marché, au sens de non efficience du marché. Cette dernière concerne plutôt une anomalie du rendement financier (et une anomalie de prix[Note 9], puisque le rendement a pour dénominateur le prix) due à des phénomènes comportementaux. Les deux phénomènes peuvent cependant être les causes ou la conséquence l'un de l'autre, ou résulter de causes communes.

La notion de défaillance est éminemment politique et par conséquent matière à controverse, étant donné qu'elle permet de justifier des interventions politiques visant à «corriger», ou alors à supprimer, le marché. Cependant, la majorité des économistes l'utilise, mais plutôt comparé à des cas où le fonctionnement réel d'un marché donné s'éloigne significativement du marché parfait, sous l'effet de trois principales séries de causes :

Les auteurs libéraux, depuis l'émergence de la théorie des choix publics, ajoutent une quatrième série de causes, aux conséquences énormément plus graves à leurs yeux :

Nouvelles théories : une meilleure prise en compte de la concurrence imparfaite

À partir des années 70, le paradigme dominant de la microéconomie connaît une forte inflexion[60] de manière à mieux intégrer l'ensemble des défaillances et imperfections du marché. Pour Pierre Cahuc «la nouvelle microéconomie s'est constituée progressivement, à partir de critiques éparses, fréquemment originellement isolées, du modèle walrasien»[57]. D'une façon plus générale, pour l'économiste Anne Perrot, l'édifice théorique de la microéconomie respectant les traditions laissait «désarmé l'économiste à la recherche d'une représentation positive du fonctionnement du marché»[61]. Ce changement est intervenu à un moment ou la macroéconomie cherche ses fondements microéconomiques, de sorte qu'une certaine convergence va avoir lieu entre ses deux champs.

Le cadre général de la nouvelle microéconomie est davantage réduit à l'analyse d'un seul marché et sa démarche scientifique est plus axée sur la recherche de constat jugé représentatif du fonctionnement de l'économie (constats nommés «faits stylisés»[62]). «Ces approches relèvent [... ] certains des défis que l'économie hétérodoxe, «institutionnaliste», a longtemps adressés à la théorie néoclassique»[61].

La nouvelle microéconomie met l'accent sur les problèmes d'incitations, d'information et sur la théorie des jeux. Par «incitation», on entend toute action d'un agent économique (qui peut être l'État) conduisant certains agents économiques à adopter tel ou tel type de comportement. Cette notion prend tout son sens si on considère que l'information disponible est infailliblement limitée pour un agent économique soucieux d'inciter d'autres agents à se comporter dans le sens de ses intérêts (lui donner les «bonnes» incitations de son point de vue). La théorie des jeux, quant-à-elle est une branche des mathématiques appliquées qui étudie les interactions stratégiques entre agents. Dans cette théorie les agents choisissent les stratégies qui maximiseront leurs bénéfices étant données les stratégies que les autres agents choisiront. Elle apporte une modélisation formelle des situations dans lesquelles ceux qui prennent des décisions interagissent avec d'autres agents[63]. La théorie des jeux généralise l'approche maximisatrice développée en premier lieu pour l'analyse des marchés, elle a été développée à partir du livre de 1944 Theory of Games and Economic Behavior, de John von Neumann et Oskar Morgenstern. La théorie des jeux est aussi employée dans de nombreux domaines non économiques : stratégie nucléaire, éthique, science politique et théorie évolutionniste[64].

L'extension de l'approche microéconomique a aussi conduit au développement de la «théorie des contrats». Cette théorie conçoit les organisations, les institutions, les familles ou les entreprises, comme des ensembles de contrats (des «nœuds de contrats» dans le jargon économique) [N 8], [60]. Une entreprise est , par exemple, un nœud composé de contrats de travail, liant l'entreprise à ses salariés, de contrats la liant à ses clients ainsi qu'à ses fournisseurs, de contrats d'engagements bancaires et financiers, de contrats légaux la liant à son État ou ville de résidence en matières fiscale et réglementaire. Les marchés sont un autre cas spécifique de tels nœuds de contrats, ici des contrats d'échange. Les États, au sens des organisations politiques gérant des espaces géographiques déterminés, sont un autre exemple de nœud contractuel, les Constitutions (ou les Chartes) se présentant comme des contrats généraux liant ces organisations aux peuples qu'ils gouvernent.

Un aspect important de ces contrats est d'être le plus souvent «incomplets», c'est-à-dire incapables de spécifier entièrement les engagements des parties dans l'ensemble des cas envisageables[N 9]. Le développement de cette théorie a naturellement entraîné un approfondissement des théories de la négociation et de la renégociation. En effet, son propos est non seulement d'expliquer comment et pourquoi se forment des contrats entre les agents, mais également les raisons pour lesquelles ils les remettent, ou pas, en cause au cours du temps.

La nouvelle microéconomique est parfois utilisée par l'économie industrielle, l'économie du travail et l'économie publique du fait de son aptitude à se rapprocher des préoccupations pratiques de certains industriels[61].

La macroéconomie

Modélisation des relations macroéconomiques entre agrégats dans une économie.

La macroéconomie étudie l'économie dans son ensemble pour expliquer les grands agrégats (indicateurs économiques) et leurs interactions, en utilisant une forme simplifiée de l'équilibre général[65]. Ces agrégats comprennent le revenu national, la production, le taux de chômage, les prix, l'inflation et d'autres agrégats comme la consommation totale et les dépenses d'investissement et leurs composants. Elle étudie aussi les effets de la politique monétaire et de la politique budgétaire.

Depuis au moins les années 1960, la macroéconomie a été caractérisée par une recherche d'intégration dans les modèles du comportement de l'individu, y compris la rationalité des acteurs, l'utilisation efficace de l'information sur le marché et la concurrence imparfaite[66].

L'analyse macroéconomique traite aussi des facteurs affectant la croissance du revenu national sur le long terme. Ces facteurs comprennent l'accumulation de capital, le changement technologique et la croissance de la population active[51].

Croissance économique

Taux de croissance cumulé du PIB dans le monde

Les théories explicatives de la croissance économique ont été systématisées assez récemment dans l'histoire de la pensée économique. Ces théories cherchent à expliquer pourquoi il y a croissance économique, c'est-à-dire augmentation de la production par habitant d'un pays sur une longue période ou encore pourquoi il existe des différences de PIB per capita («par tête») entre pays et pourquoi certains pays se développent plus rapidement que d'autres. Généralement, trois facteurs explicatifs sont utilisés : le travail c'est-à-dire la mobilisation de la main d'œuvre (d'où l'instance en France par les économistes proches du «mainstream» des effets du faible taux d'emploi de certaines tranches d'âges sur la croissance potentielle[67]), le capital et le progrès technique.

Le modèle de Harrod-Domar a ouvert la voie et a été suivi par le modèle de Solow[68]. Tandis qu'Harrod Domar raisonne avec une fonction de production à cœfficient fixe, c'est-à-dire où il ne peut y avoir substitution capital travail, l'approche de Solow met l'accent sur la substitution capital travail et sur le progrès technique. L'opposition entre les modèles sur la substitution capital-travail est à replacer dans le contexte des années cinquante et soixante et de l'opposition entre deux courants keynésiens : les post-keynésiens pour qui l'économie est assez «rigide» et les tenants de la synthèse néo-classique plus libéraux[Note 12]. Pour Robert Solow, c'est grâce au progrès technique que la production peut augmenter et qu'il y a croissance sur la longue période[69]. Cependant, cette théorie explique mal d'où provient ce progrès qu'elle considère comme exogène[70], [68].

Les nouvelles théories de la croissance économique cherchent exactement à construire des modèles expliquant la naissance de ce facteur, c'est-à-dire à l'endogéneïser[N 10]. Ces modèles ont été développés à partir de la fin des années 1970, surtout par Paul Romer, Robert E. Lucas[N 11] et Robert Barro. Ils se fondent sur l'hypothèse que la croissance génère par elle-même le progrès technique. Ainsi, il n'y a plus de fatalité des rendements décroissants : la croissance génère un progrès technique qui permet que ces rendements demeurent constants. La croissance, si elle génère du progrès technique, n'a par conséquent plus de limite. À travers le progrès technique, la croissance forme un processus qui s'auto-entretient[N 12].

Cycle économique

Exemple de cycle économique

Généralement, on associe l'apparition de la macroéconomie au cycle économique de la grande dépression[Note 13]. Il fallait par conséquent expliquer le processus conduisant à une telle chute de l'activité économique. C'est ainsi que John Maynard Keynes a rédigé un ouvrage intitulé Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et l'argent, expliquant ce phénomène qui à l'époque était resté sans éclaircissement convaincant[71]. Keynes a soutenu que la demande globale de biens pourrait être insuffisante en période de ralentissement économique ce qui conduirait à un chômage élevé lié à des baisses de la production (Keynes travaille implicitement dans un cadre de sous-emploi de l'appareil productif, les choses se passent autrement si l'appareil productif n'est pas à même de satisfaire la demande).

Il a par conséquent préconisé des réponses politiques actives - mesures de politique monétaire par la banque centrale et de la politique budgétaire - de la part du secteur public par le gouvernement pour stabiliser la production au cours du cycle. Ainsi, une conclusion centrale du keynésianisme est que, dans certaines situations, le marché n'arrive pas automatiquement à résoudre le problème du sous-emploi ; il faut par conséquent une intervention externe. Le modèle IS/LM forme le cadre théorique par excellence qui a servi à étayer la théorie de Keynes[72].

Si la pensée keynésienne a dominé la scène durant les trente glorieuses, elle a aussi suscité une vive opposition[73]. Milton Friedman et monétarisme ont soutenu que l'action de l'État surtout en matière monétaire est inutile, ou alors nuisible.

Au fil des ans, la compréhension du cycle économique s'est diversifiée dans plusieurs écoles, liées à ou opposées au keynésianisme. La jonction sera faite entre les deux principaux courants de l'époque au sein de ce que Paul Samuelson a qualifié de synthèse néo-classique. Cette synthèse indique que le keynésianisme est d'application à court terme, mais à long terme la théorie néoclassique explique facilement le cycle.

La nouvelle école classique, qui doit surtout aux critiques de Milton Friedman, est un courant de pensée économique qui s'est développé à partir des années 1970. Elle rejette le keynésianisme et se fonde entièrement sur des principes néoclassiques. Sa particularité est de reposer sur des fondations micro-économiques rigoureuses, et de déduire des modèles macroéconomiques à partir des actions des agents eux-mêmes modélisés par la micro-économie. Elle postule une rationalité des agents (qui cherchent à maximiser leur utilité), une anticipation rationnelle et qu'à chaque instant, l'économie possède un équilibre unique (avec plein emploi et pleine utilisation des capacités de production) et cet équilibre est atteint par un mécanisme d'ajustement des prix et des salaires[N 13].

La théorie des cycles réels, qui tente d'expliquer les fluctuations de court terme des économies comme le résultat de chocs habituels et de faibles ampleur affectant les techniques de production forme l'apport théorique majeur développée par ce courant[74].

À l'opposé de ces deux dernières écoles, la nouvelle économie keynésienne conserve l'hypothèse des anticipations rationnelles, mais intègre une série de défaillances du marché[75]. Surtout, les nouveaux keynésiens supposent une viscosité des prix et salaires, ce qui veut dire qu'ils ne s'ajustent pas instantanément aux changements des conditions économiques[76]. Ils réhabilitent l'intervention de la puissance publique dans l'économie, sans pour tout autant, selon certains économistes français, reprendre complètement en compte ce qu'ils considèrent être les thèses de Keynes (le keynésianisme français est plus marqué que d'autre par le post-keynésianisme) [77].

Depuis la fin de la décennie 90, Goodfriend, M. et R. King[78] ont parlé d'une émergence d'une nouvelle synthèse néoclassique, qui en réalité fait la symbiose entre les courants néo-keynésien et celui de la nouvelle macroéconomie classique. À ce jour, on ne peut savoir si cette appellation va s'imposer ou si elle n'aura été qu'une passade. Mais il reste que, quelle que soit la terminologie en vigueur, un nouveau développement est à l'œuvre[79].

Politique monétaire et l'inflation

hyperinflation
Timbre de 1000 marks du Reich allemand émis lors de l'hyperinflation des années 30.

La politique monétaire est l'action par laquelle l'autorité monétaire, généralement la banque centrale, agit sur l'offre de monnaie dans l'objectif de remplir son objectif de stabilité des prix (limiter l'inflation). Elle tâche aussi d'atteindre les autres objectifs de la politique économique, qualifié de triangle keynésien : la croissance, le plein emploi, l'équilibre extérieur.

La politique monétaire se distingue de la politique budgétaire. Ces deux politiques interagissent et forment ensemble le policy-mix.

D'après la théorie économique moderne, l'objectif de la banque centrale est de maximiser le bien-être économique des ménages (Mishkin). Ainsi, on attribue le plus souvent deux objectifs principaux à la politique monétaire : la stabilisation des prix et la stabilisation de l'activité économique[N 14]. Ces deux objectifs sont étroitement liés, et non incompatibles comme on pourrait le penser, la stabilité des prix étant un préalable à une activité économique soutenue.

Cependant, conformément à la théorie quantitative de la monnaie, il n'existe pas d'arbitrage à long terme entre stabilité des prix et activité économique car la monnaie est , sur ce laps de temps, neutre (la «Courbe de Phillips» de long terme est verticale) [N 15].

On peut distinguer le plus souvent à l'heure actuelle trois types de politiques monétaires : la fixité des taux de change, le ciblage de la croissance des agrégats monétaires et le ciblage de l'inflation.

Au demeurant, on note quatre niveaux au sein des systèmes mis en place par les politiques monétaires : les objectifs finaux, les objectifs intermédiaires (agrégats de la monnaie ou les taux de change), les indicateurs (inflation, etc. ) et les instruments (taux de facilité de prêt marginal, taux de facilité de dépôt, opérations d'open market [... ]).

Politique budgétaire et fiscale

La politique budgétaire consiste à utiliser les leviers de l'imposition et des dépenses publiques. Combinée à la politique monétaire, elle forme un policy-mix avec la politique budgétaire dans le cadre d'une politique conjoncturelle.

Dans la pratique, en cas de creux économique, de récession ou de dépression, il est en particulier question de politique budgétaire de stimulation de l'activité. Elle peut prendre la forme d'une baisse de l'imposition ou d'une hausse de certaines dépenses. Dans l'ensemble des cas, cela conduit à une dégradation du solde public. À l'inverse, dans les périodes de croissance économique élevée (y compris en période de bulle spéculative), la discipline budgétaire doit permettre de diminuer le déficit public, ou alors de former des excédents, qui seront mobilisables ultérieurement.

En anglais, le terme fiscal policy regroupe à la fois la politique budgétaire et la politique fiscale. Ce dernier terme désignant en français les modifications de l'imposition, la (redistribution, etc. ) de manière à modifier les comportements individuels (encouragement au retour à l'emploi par un impôt négatif, crédit d'impôt en faveur de la recherche etc. ).

À cause de la difficulté d'anticiper la conjoncture économique, de la lenteur d'action de la politique budgétaire, les économistes comptent le plus souvent sur les stabilisateurs automatiques[80]. L'idée est que lorsque la situation économique se dégrade, les recettes fiscales sont moins bonnes (l'État prélève par conséquent moins) alors que les dépenses augmentent (allocation chômage, etc. ), de sorte que le déficit se creuse et soutient de façon automatique l'activité.

La nouvelle macroéconomie classique s'est opposée aux politiques budgétaires «discrétionnaires» qui à la fin des années soixante-dix et quatre-vingt n'ont pas été couronnées de succès et ont contribué à accroître la dette publique[81]. Avec la crise économique de 2008-2009, des politiques budgétaires de soutien ont été pratiquées partout à travers le monde. Si elles ont permis d'éviter que la récession ne se transforme en dépression, elles ont aussi génèré une hausse de la dette publique qui pose actuellement problème surtout dans la zone euro.

Théories et études empiriques

Article détaillé : Théorie économique.
William Petty, reconnu par Schumpter comme un des précurseurs des études empiriques, plus particulièrement l'économétrie

La méthodologie économique «mainstrean» contemporaine, quelquefois nommée école néoclassique, pourrait se dénommer économie mathématique[82] tant il est vrai que, depuis la seconde-guerre mondiale, elle recourt à des instruments mathématisés : algèbre linéaire, statistiques, théorie des jeux, outils informatiques[83]. Les économistes professionnels sont censés posséder ces outils même si certains sont spécialisés dans des champs où on utilise moins les études quantitatives. De très grands économistes tels Adam Smith ou Joseph Schumpeter n'étaient pas des mathématiciens. Parmi les premiers à utiliser les mathématiques, figurent les ingénieurs économistes français (Jules Dupuit, Augustin Cournot etc. ). Actuellement, les économistes hétérodoxes mettent moins l'accent sur les mathématiques.

Les théories empiriques

La théorie économique «mainstream» repose sur des modèles économiques quantitatifs a priori qui utilisent une large gamme de concepts. Une théorie repose le plus souvent sur l'hypothèse «toutes choses identiques d'ailleurs», qui suppose constantes les variables explicatives autres que celles sous études. Lorsque on bâtit une théorie, l'objectif est de trouver un modèle qui donne des prédictions plus précises et plus intéressantes que celles apportées par les théories antérieures[84], tout en utilisant le moins de variables explicatives envisageables.

En microéconomie, les principaux concepts incluent : l'offre et demande, l'utilité marginale, la contrainte budgétaire (c'est-à-dire que les individus vont essayer de maximiser leur utilité sous contrainte budgétaire), la théorie du choix rationnel, la théorie de la firme. Les premiers modèles macroéconomiques se focalisaient sur les relations entre agrégats (on nomme ainsi la consommation des agents d'un pays, l'investissement d'un pays, les exportations, etc. ). Cependant, dans les années soixante-dix, ces relations sont apparues changeantes, ce qui a poussé les macroéconomistes à s'intéresser aux fondements microéconomiques de la macroéconomie.

Fréquemment, pour exposer le raisonnement économique et illustrer les relations théoriques, les économistes utilisent des graphiques à deux dimensions. À un plus haut niveau de généralité, Paul Samuelson, dans son ouvrage de 1947, Foundations of Economic Analysis utilise les mathématiques pour exposer la théorie, en particulier celle du comportement maximisateur d'agents dans un cadre d'équilibre général. Le livre est centré sur des théorèmes pouvant être réfutés par des données empiriques[85].

Les études empiriques

Les théories économiques sont souvent testées empiriquement, à travers, surtout, du traitement statistique et économétrique des données économiques[86]. Les expériences sous contrôle, communes en physique, sont complexes[Note 14] et rares en économie, qui préfère l'analyse de nombreuses données.

L'économétrie recouvre toute application des mathématiques et des statistiques à l'étude des phénomènes économiques. L'économétrie positive permet l'évaluation des grandeurs économiques non directement mesurables, des paramètres au contrôle empirique des modèles[N 16].

Les méthodes statistiques, telle que la régression statistique, sont particulièrement utilisées. Les praticiens s'en servent pour estimer la taille, la signification économique et la signification statistique d'une relation hypothétique entre variables, ainsi qu'à neutraliser le «bruit» d'autres variables. Par ce moyen, une hypothèse peut être acceptée, même s'il s'agit d'une acceptation plus probabiliste que certaines. L'acceptation dépend de la capacité qu'ont des hypothèses falsifiables à résister aux tests. L'utilisation de méthodes acceptées ne conduit pas obligatoirement à une conclusion définitive ou à un consensus sur une question en raison du choix des tests, des données et des croyances.

En économie appliquée, à partir des années soixante, des modèles macroéconomiques comptant des centaines de variables et d'équations servent à analyser l'impact de certaines politiques économiques ainsi qu'à réaliser des prévisions économiques. Ils sont utilisés par les banques centrales, les grandes institutions économiques FMI, OCDE, mais aussi par certains ministères de l'économie et des finances.

L'économie expérimentale a permis de tester des hypothèses qui étaient auparavavant reconnues comme des axiomes[87]. Cela a conduit à diminuer la distance qui sépare l'économie des sciences naturelles. Occasionnellemen, les axiomes se sont révélés partiellement incorrects ; c'est ainsi, par exemple, que le jeu ultime a révélé que les gens rejettent les offres inégales, c'est-à-dire qui leur sont trop défavorables.

En économie comportementale, les psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky ont reçu le prix Nobel d'économie pour leur découverte empirique de plusieurs biais cognitifs et heuristiques[N 17]. Ils ont donné naissance à la théorie des perspectives qui elle-même est à la base de la finance comportementale.

La théorie des organisations

F. W. Taylor reprend les idées d'Adam Smith pour les appliquer aux entreprises

La théorie des organisations (économie des organisations et sociologie des organisations) est un domaine d'analyse passerelle entre l'économie, la psychologie et la sociologie. Depuis l'antiquité, l'administration du patrimoine des organisations a été un sujet d'analyse économique. Platon parfaitisait le fait d'organiser les fonctions des individus au sein de sa société par la division du travail[88]. Au XVIIIe siècle, Adam Smith[89] est un des premiers auteurs à réfléchir au fonctionnement de l'entreprise. Il met en valeur le fait que la division du travail par la spécialisation suivant les compétences sert à dynamiser le marché (exemple de la manufacture d'épingle). Dans cette optique, l'entreprise et par conséquent l'organisation reste une «boîte noire» étant donné qu'il n'analyse pas les phénomènes ayant lieu en son sein, mais simplement les motivations des individus et les conséquences sur le marché. L'individu simplifié ne recherche ici que la satisfaction de ses intérêts personnels (il est nommé «homo œconomicus»). Ce n'est que plus tard que l'organisation sera décomposée pour analyser les interactions donnant la possibilité de sa performance.

Dans une approche classique, vers la fin du XIXe siècle, Frederick Taylor[N 18] propose le concept d'organisation scientifique du travail tendant vers une «one best way». Celle-ci repose sur la décomposition du travail en gestes élémentaires chronométrés et organisés rationnellement pour former une chaîne de production. Taylor désirait appliquer les principes généraux d'amélioration de la productivité par la division du travail à l'entreprise qu'Adam Smith[89] avait soulignée (avant lui Platon[88] au niveau de la société, c'est-à-dire le perfectionnement de la performance par la spécialisation). Il partage aussi l'idée avec Henry Ford qu'une augmentation des rendements peut être obtenue en contrepartie de bons salaires[N 19].

Dans le cadre de l'approfondissement de la recherche sur les relations humaines pour l'organisation, des auteurs comme par exemple Elton Mayo[90], Kurt Lewin[91] ou Abraham Maslow[92] ont participé, dans les années soixante, à la prise en compte par l'économie de comportements contraires aux objectifs de productivité de l'école classique : absentéisme élevé[N 20], rotation importante du personnel, accidents du travail, etc.

À cette même époque, l'organisation va aussi être reconnue comme un dispositif complexe[N 21], c'est-à-dire une démarche globale qui s'intéresse plus aux liaisons entre les différents éléments constitutifs d'une entité qu'aux caractéristiques propres de chaque élément. Elle peut ainsi être reconnue comme un lieu de décision et un processus de prise de décision sensible à la rationalité limitée de ses agents[N 22], [N 23].

Après ces divers courants de réflexion, ainsi qu'à la différence des écoles classiques, des auteurs réfléchissent aux prises de décisions satisfaisantes à des organisations spécifiques dans des contextes spécifiques. Ainsi, l'organisation serait soumise à des facteurs de contingence, c'est-à-dire des caractéristiques évolutives qui influencent ses décisions et ses actions[N 24]. Une vision évolutionniste (basée sur des routines expliquant la nature de l'organisation) a enfin vu le jour dans les années 80[N 25].

L'économie appliquée réduite à la classification du Journal of Economic Literature

L'économie appliquée peut être réduite à la classification du Journal of Economic Literature, pour circonscrire l'analyse de sa mise en pratique. Celle-ci est la classification la plus reconnue en sciences économiques.

L'économie appliquée à la firme

La théorie de la firme cherche à répondre à quatre questions[93] :

  1. Pourquoi des firmes émergent-elles, pourquoi l'ensemble des transactions ne passent-elles pas par le marché ?
  2. Pourquoi la frontière entre la firme et le marché se situe-t-elle précisément là à un moment donné ? Quelles transactions sont réalisées en interne et lesquelles passent par le marché ?
  3. Pourquoi les firmes sont-elles structurées de telle façon et non de telle autre ? Quel jeu entre relations formelles et informelles ?
  4. Qu'est-ce qui explique les différentes actions de la firme et ses performances ?

La période de la première guerre mondiale voit l'économie ne plus se cantonner au modèle de concurrence pure et idéale. Il devient de plus en plus clair qu'il ne forme pas le cadre le plus correct pour comprendre le comportement des firmes. Le besoin d'une nouvelle théorie de la firme a été aussi souligné par les études empiriques d'Adolf Berle et Gardiner Means. Dans un ouvrage qui a fait date, ils ont montré, au début des années trente, que les grandes sociétés américaines n'étaient plus dirigées par les propriétaires du capital mais par des managers[94]. Parallèlement, R. L. Hall et C. J. Hitch soutiennent que les cadres prennent d'une façon plus générale leurs décisions par la technique du «doigt mouillé» (par intuition du fait de leurs rationalités limitées[95], [96] qu'en se servant de l'approche marginaliste[97].

Pour Ronald Coase[93], mais également pour Oliver Williamson[Note 15], la firme existe lorsque les coûts de coordination internes sont moins élevés que les coûts de transaction sur le marché, c'est-à-dire, par exemple, si pour produire un bien, il est moins cher d'engager des salariés et de les faire travailler que d'acheter le produit sur le marché.

Les économistes reconnaissent à présent qu'il n'existe pas de distinction claire entre les relations intra-firmes et les relations inter-firmes, et que par conséquent, il est utile de considérer les transactions survenant au sein de la firme comme représentant une relation contractuelle de marché[98]. Les coûts engagés dans de telles transactions, qu'elles se situent au sein de la firme ou à l'extérieur, sont des coûts de transactions.

Pour Richardson, il existe des formes intermédiaires entre la firme et le marché, telle, par exemple, la coopération entre entreprises à travers des partenariats[99].

henri fayol
Henri Fayol envisage toutes organisations par ses fonctions[Note 16].

La question de savoir si la firme forme le royaume de la direction bureaucratique protégée du marché ou si la firme est simplement une «fiction légale», un nœud de relations contractuelles entre les individus, comme l'avancent la théorie de l'agence mais aussi Jensen et Meckling, dépend «de la complétude des marchés et de la capacité des forces du marché à pénétrer les relations intra-firme»[100].

La gestion est alors la mise en pratique de ces théories économiques par l'utilisation de méthodes et d'indicateurs spécifiques aux différentes fonctions représentées dans l'organisation. Il existe d'étroites relations entre la théorie économique et sa gestion. La différence tient dans le caractère plus appliqué et plus explicitement normatif de la gestion. Certains spécialistes des sciences de gestion diminuent l'objet de la gestion à l'entreprise, d'autres l'élargissent à toutes organisations humaines. Dans le sens de sciences et de techniques d'administration, la gestion s'est départementalisée en suivant le découpage en fonction dans les organisations (gestion commerciale : Commerce, gestion financière (analyse financière)  : Finance, gestion de production : Production industrielle par exemple... ) [101]. L'entreprise (voir le portail des entreprises) est une unité économique autonome combinant divers facteurs de production, produisant pour la vente des biens et des services, et distribuant des revenus en contrepartie de l'utilisation des facteurs. En ce sens, les organisations à activité marchande telles que les banques, les exploitations agricoles, les coopératives, forment des entreprises. Par contre, les unités à caractère non marchand, tel un ministère, ne peuvent pas être des entreprises. Il s'agit, dans ce cas d'espèce, d'une administration publique.

Il existe plusieurs formes d'entreprise et divers critères de classification. Du point de vue juridique, il est envisageable de distinguer les entreprises publiques et les entreprises privées.

L'économie appliquée à la puissance publique

L'économie politique combine économie, lois et science politique pour expliquer comment les institutions politiques et légales, l'environnement politique et le dispositif économique (capitaliste, socialiste et mixte) interagissent. Elle étudie des questions comme, par exemple, comment les monopoles, les comportements de recherche de rente et les externalités impactent la politique des gouvernements, etc[102], [103]. Pour le prix Nobel d'économie Edmund Phelps, «L'économie politique est l'étude des structures alternatives de rémunérations entre lesquelles la société peut – et par conséquent doit – choisir : comment les mécanismes d'un dispositif donné, les impôts et les subventions, les obligations et les devoirs, etc., agissent-ils sur la nature des perspectives individuelles, et dans quelle mesure fonctionnent-ils bien ou mal»[104] ?

L'économie publique traite du secteur de production de biens publics et est fréquemment reconnue comme la branche de l'économie dont l'objet est la fourniture des biens collectifs gratuits dont les coûts sont financés par les impôts et les emprunts publics. De manière plus large, l'économie publique intègre aussi la production de biens marchands par les entreprises publiques. Elle étudie ainsi les politiques que doit mener un État dans un but de développement économique et de bien-être de sa population, mais aussi les problématiques d'inégalités internes et de redistribution.

La finance publique est le champ de l'économie qui traite des revenus et des dépenses du secteur public. Elle procède à des analyses coût-bénéfices des programmes du gouvernement ou de l'État, et de l'incidence des impôts et taxes sur l'efficacité économique et la distribution des revenus.

L'économie du bien-être est une branche normative de l'économie (c'est-à-dire qui cherche à déterminer ce qui, selon elle , devrait être). Elle utilise les outils de la microéconomie pour déterminer l'efficacité allocative et la distribution des revenus qui lui est associée. Elle veut mesurer le bien-être en examinant les activités des individus qui composent la société[105].

L'analyse économique du droit (Economic Analysis of Law ou Law and Economics selon l'appellation américaine) est la discipline qui cherche à expliquer les phénomènes juridiques grâce aux méthodes et concepts de la science économique[106]. Entre la théorie juridique et la science économique, l'analyse économique du droit emprunte à ces deux disciplines pour expliquer d'une nouvelle façon les phénomènes juridiques.

Des critiques ont été émises concernant l'intervention publique. Pour les économistes de la théorie des choix publics, les politiques et les fonctionnaires ne cherchent pas en premier lieu l'intérêt général mais leurs intérêts propres. Les premiers cherchent en premier lieu à être réélus et les seconds à perfectionner surtout leurs revenus ou leurs pouvoirs.

La recherche de rente, quant à elle , insiste sur le fait que les individus et les organisations cherchent le profit davantage en essayant de gagner une rente à travers la création de réglementations qui leur sont favorables que par une activité créant réellement un surplus de richesse. La majorité des études sur la recherche de rente insistent sur les efforts faits par certains pour s'assurer des positions de monopoles.

L'économie appliquée à un domaine spécifique

L'économie internationale

L'économie internationale est la branche des sciences économiques qui s'intéresse aux relations commerciales et économiques entre pays. Charles Kindleberger soulignait que «le seul fait que des nations souveraines existent entraîne des complications qui nous obligent à modifier nos instruments habituels d'analyse économique, si nous voulons les appliquer aux questions économiques internationales»[107]. Paul Krugman au contraire estime que l'économie internationale recourt aux mêmes méthodes analytiques que les autres branches de l'économie. Cependant, il insiste lui aussi sur le fait que «la matière de l'économie internationale porte sur les problèmes résultant des interactions entre États souverains»[108].

L'économie internationale traite en premier lieu des théories du commerce international : avantages comparatifs, modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson, les nouvelles théories du commerce international.

Puis, elle s'intéresse à la réalité, c'est-à-dire à ce que font réellement les États, c'est ce qu'on nomme les politiques commerciales. Dans son ouvrage cité auparavant, Charles Kindleberger, s'intéressait aussi à ce qu'il nomme l'économie politique des barrières commerciales, c'est-à-dire au jeu des groupes de pression et de ceux qui recherchent des rentes.

Autre point important de l'économie internationale : la monnaie vue sous l'angle du taux de change, de la balance des paiements et des prix relatifs. Puis viennent les problèmes de coordination au niveau international des politiques macro-économiques. Cette partie peut inclure les mouvements globaux de capitaux. Néanmoins, Kindleberger préférait les traiter à part dans ce qu'il appelait les mouvements des facteurs qui comprenaient, hormis les flux financiers, les migrations de main d'œuvre.

La finance

Salle de marchés
Salle de marchés à New-York.

La finance sert à désigner les méthodes et les institutions qui permettent aux entreprises ainsi qu'aux particuliers d'obtenir les capitaux nécessaires ainsi qu'aux épargnants de placer leurs capitaux. Les acteurs de la finance sont par conséquent l'ensemble des agents économiques qui recherchent des capitaux ou qui souhaitent les placer.

La finance est devenue beaucoup aujourd'hui un négoce d'instruments et de transfert d'anticipations de revenus et de risques dont les prix peuvent être négociés sur des marchés ou auprès d'institutions. Les risques, surtout, peuvent être transférés à ceux qui sont disposés à les prendre (contre des revenus espérés), et les intermédiaires financiers peuvent pratiquer une compensation des risques inverses (par exemple, le risque de change d'un importateur est inverse de celui d'un exportateur, le risque de taux d'un prêteur est inverse de celui d'un emprunteur), la diversification des risques, etc.

La finance comprend plusieurs volets :

L'économie du développement

L'économie du développement est une branche de l'économie qui applique des techniques modernes de l'analyse macroéconomique et microéconomique à l'étude des problèmes économiques, sociaux, environnementaux et institutionnels que rencontrent les pays dits en développement[109]. Elle s'intéresse aux déterminants de la pauvreté et du sous-développement ainsi qu'aux politiques à mettre en œuvre pour sortir les pays en développement de leur sous-développement.

L'origine de l'économie du développement moderne est liée à l'industrialisation de l'Europe de l'Est après la seconde guerre mondiale[110]. Parmi les auteurs importants, on compte surtout Paul Rosenstein-Rodan[N 26], Kurt Mandelbaum[N 27] Ragnar Nurkse[N 28], et Sir Hans Wolfgang Singer. À partir de cette même période d'autres auteurs vont s'intéresser à de nombreux pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine dont certains sont créés suite au mouvement de décolonisation. Au cœur de ces études, on trouve des auteurs comme Simon Kuznets et W. Arthur Lewis[111] qui développent non seulement une stratégie de croissance économique mais également de changements structurels[Note 17].

Cette phase pionnière qui reflète les préoccupations des années cinquante sera suivie à partir des années quatre-vingt par une approche plus orientée vers le marché, préconisée alors par la Banque mondiale. Depuis la fin des années 90, certains économistes du développement (surtout Michæl Kremer et Esther Duflo) ont développé des outils permettant d'appréhender les effets des politiques économiques au niveau microéconomique et ont mis l'accent sur l'analyse d'expériences de terrain. Ils ont développé la théorie de la randomisation, de l'évaluation aléatoire et insistent sur l'importance des micro-projets dans les stratégies du développement. Pour certains, la randomisation aurait revitalisé la discipline de l'économie du développement de sorte que quelquefois, on parle d'économie du micro-développement[112]. Cependant, l'approche macroéconomique et institutionnaliste demeure dynamique avec des auteurs comme Daron Acemoglu, William Easterly, Douglass North ou Dani Rodrik.

L'économie du travail

L'économie du travail analyse le fonctionnement du marché du travail défini comme le lieu de rencontre des travailleurs et des employeurs.

Dans le cadre d'une économie capitaliste, les «offreurs» de force de travail sont les travailleurs et les demandeurs sont les employeurs. L'économie du travail cherche à analyser la fixation des salaires, le taux d'emploi et le chômage, et sert à déterminer les meilleures politiques de l'emploi à mettre en place.

Il y a deux approches envisageables pour étudier le marché du travail. L'économie du travail peut être analysée avec techniques microéconomiques ou macroéconomiques. Les techniques macroéconomiques s'intéressent aux interactions entre le marché du travail et les autres marchés (bien, monnaie, commerce extérieur). Il s'agit de savoir comment ces interactions influencent les variables macroéconomiques telles que le niveau de chômage, le taux de participation au marché du travail, le revenu agrégé et le produit intérieur brut.

Depuis les années soixante-dix, l'économie du travail s'est profondément renouvelée en lien avec la nouvelle microéconomie. Elle s'est orientée vers la prise en compte des imperfections informationnelles, de la concurrence imparfaite, et elle a intégré des éléments appartenant au courant hétérodoxe : étude du syndicalisme, segmentation des marchés[113]. Elle a utilisé des théories plus récentes : la théorie des contrats implicites, la théorie du salaire d'efficience, la segmentation du marché du travail et la théorie des insiders-outsiders[N 29].

Économie de l'environnement

Développement durable
Le développement durable est une nouvelle conception de l'intérêt public, appliquée à la croissance économique

La défaillance du marché est une notion centrale à l'économie de l'environnement. La défaillance du marché veut dire que les marchés ne parviennent pas à allouer de manière efficiente les ressources[114]. Il existe par conséquent un écart entre ce qu'une personne privée est prête à payer sur le marché pour l'environnement et ce que la société peut investir[N 30]. Les formes courantes de défaillance du marché incluent certaines externalités négatives[N 31].

Une externalité est la conséquence de l'interdépendance des agents économiques qui échappe au dispositif d'appréciation du marché, par exemple les pollutions génèrées par certains qui entraînent des dépenses diverses de protection chez ceux qui en sont victimes. Naît par conséquent un besoin de réglementation du marché qui analyse les productions humaines selon divers critères comme la non-rivalité et le niveau d'excludabilité (comme les biens publics) [115].

Le développement durable vise à instaurer des normes qui permettent de satisfaire les besoins humains tout en préservant l'environnement non seulement pour le présent mais également pour le futur. Le terme a été utilisé par le rapport Brundtland qui lui a donné sa légitimité et sa signification de développement économique qui «satisfait les besoins du présent sans compromettre ceux des générations futures»[116], [117].

Économie de la culture

Les frontières de l'économie de la culture sont floues. Où finit la sculpture et où débute le design ? Les logiques économiques des deux secteurs présentent de grandes similarités.

L'économie de la culture est une branche de l'économie s'intéressant aux aspects économiques de la création, de la distribution et de la consommation d'œuvres d'art. Longtemps cantonné aux beaux-arts, aux spectacles vivants et au patrimoine historique dans la tradition anglo-saxonne, son spectre s'est élargi depuis le début des années 1980 à l'étude des particularités des industries culturelles (cinéma, édition de livres ou de musique) ainsi qu'à l'économie des institutions culturelles (musées, bibliothèques, monuments historiques) [Note 18].

La délimitation de l'économie de la culture pose le même problème que la délimitation de la culture elle-même. Le cœur de l'économie de la culture, et historiquement son premier domaine, est par conséquent l'étude des beaux-arts et des spectacles vivants (théâtre, opéra). Ces thèmes forment toujours une part importante des articles de recherche.

Cependant, un fait saillant des XIXe et XXe siècles sont la naissance de la culture de masse par le biais de biens à contenu culturel, mais produits selon des méthodes industrielles. L'apparition de la grande industrie a eu des répercussions énormes sur les modes de pensée et d'action. La naissance de l'objet de série, qui détrône la pièce unique jadis sacralisée par l'art, va profondément modifier les comportements[118]. Les économistes de la culture ont fait valoir la difficulté à faire des distinctions dans ce domaine, qui relèvent le plus fréquemment de jugements de valeurs subjectifs. Ils ont aussi mis en avant des spécificités dans la sélection des produits, leur fabrication et leur demande qui permettaient de différencier les biens culturels. Ainsi, ces derniers ont pour trait commun d'incorporer un élément créatif dans leurs caractéristiques principales. Cependant, cette caractérisation est trop large. L'importance croissante du design fait que pour certains produits pouvant difficilement être reconnus comme culturels (vêtements, baladeurs numériques), la dimension de créativité fait la majeure partie de la valeur[119].

C'est pourquoi les économistes du champ ont adopté le concept d'industries de contenu pour désigner la totalité du secteur produisant des biens dont la majeure partie de la valeur tient à leur contenu symbolique plutôt qu'à leurs caractéristiques physiques. Ainsi, un ouvrage est un bien culturel, que le texte soit relié ou non, la couverture solide ou non, tandis qu'un baladeur numérique hors-service n'a plus de valeur malgré son design.

L'économie appliquée à un secteur spécifique

Production industrielle

Le terme secteur économique regroupe deux définitions :

En pratique, la production économique, suite à l'économiste écossais Colin Clark[Note 19], peut être répartie entre plusieurs secteurs :

Cette classification n'est pas rigide, l'agriculture par exemple ayant été à l'origine classée comme du secteur secondaire (le cultivateur transforme des graines en produits consommables), par opposition à la chasse et la simple cueillette.

De plus en plus, en outre, certains auteurs parlent d'un quatrième secteur, nommé quaternaire.

Secteur primaire

Moissonneuse-batteuse
Développement du Machinisme agricole.

L'économie agricole est la partie de l'économie ou de la science économique qui concerne l'agriculture. L'économie agricole est par conséquent la direction économique qui gère les différents aspects de l'agriculture et du milieu généralement. Cette étude concernant l'utilisation optimale du sol s'avère être en corrélation avec les besoins humains. La croissance du surplus agricole est reconnue par les économistes, soit comme la condition de base du développement économique, soit comme la conséquence de l'utilisation de techniques modernes industrielles, soit un moyen tout comme l'industrie d'assurer le développement[N 32].

Secteur secondaire

L'organisation industrielle ou économie industrielle est le champ de l'économie qui étudie le comportement stratégique des entreprises et d'une façon plus générale des organisations suivant les structures des marchés. L'étude de l'organisation industrielle ajoute au modèle de concurrence pure et idéale des «frictions» du monde réel tels que : une information limitée, les coûts de transaction, les coûts nécessaires aux changements de prix, l'action du gouvernement (en France de l'État) et les barrières à l'entrée mises à l'arrivée de nouveaux concurrents[120]. Peut-être le terme le plus approprié serai-ilt économie de concurrence imparfaite. L'émergence de l'organisation industrielle comme champ scindé doit énormément à Edward Chamberlin, Edward Mason et Jœ Bain.

On peut distinguer, généralement, deux approches de l'organisation industrielle : la première est descriptive alors que la seconde est fondée sur la théorie des prix et utilise la micro-économie pour expliquer le comportement des firmes suivant les structures du marché[121].

Secteur tertiaire

  • au niveau individuel : plus un individu a un diplôme reconnu, plus la probabilité qu'il soit au chômage diminue, et plus le revenu moyen qu'il gagnera sera élevé.
  • au niveau collectif, des études (de l'OCDE par exemple[122]) ont montré que l'efficacité du dispositif éducatif (correction des formations aux besoins économiques, etc. ) avait un effet positif sur le revenu par habitant, tout comme le nombre d'années d'éducation. Ces effets se vérifient à la fois dans les pays développés et dans les pays en développement, où les rendements de l'éducation sont toujours plus importants.

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article en anglais intitulé «Economics» (voir la liste des auteurs)

Notes

  1. Le lecteur pourra aussi se rapporter au livre de Marshall Sahlins Âge de pierre, âge d'abondance. Economie des sociétés primitives, préface de Pierre Clastres, NRF Gallimard, 1976 ISBN 2070292851
  2. Lire Cécile Michel, Correspondance des marchands de Kanish au début du IIe millénaire avant JC, éditions du Cerf, 2001
  3. Un auteur Sihag, B. S semble en faire un précurseur de nombreux concepts modernes. Le lecteur qui voudra se faire une idée sur la question pourra se reporter aux deux articles qui ont précédé ainsi qu'à son ouvrage (en) B. S. Sihag, Kautilya on institutions, governance, knowledge, ethics and prosperity. , Humanomics 23 (1)  : 5–28, 2007
  4. Le bullionisme provient du mot anglais bullion, qui veut dire «lingot».
  5. Voir surtout l'ouvrage de Fernand Braudel, La Dynamique du capitalisme, Arthaud, 1985, et celui de Max Weber, Ethique protestante et esprit du capitalisme
  6. Les dates proviennent de Daniel Villey, 1985, p. 60
  7. Pour une réfutation de cette vision de la main invisible, voir Grampp William D., 2000, What Did Smith Mean by the Invisible Hand ?, Journal of Political Economy, Vol. 108, N°. 3, June
  8. Le lecteur pourra se rapporter aux ouvrages suivants : Fitzgibbons Athol, 1995, Adam Smith's System of Liberty, Wealth and Virtue : the moral and political foundations of the Wealth of Nations, Clarendon Press; Jean Mathiot, Adam Smith philosophie et économie, puf, 1990, de Michaël Biziou, Adam Smith et l'origine du libéralisme, puf 2003, aux travaux de Daniel Diatkine et surtout à son introduction à la Richesse des nations dans la version GF-Flammarion de 1991, aux articles Jacob Viner de 1927, Adam Smith and Laissez Faire Journal of Political Economics, April, de Grampp William D., 2000, What Did Smith Mean by the Invisible Hand ?, Journal of Political Economy, Vol. 108, N°. 3, June, ou de F. U. Clavé, Smith face au dispositif de l'optimisme de Leibniz, Revue de philosophie économique 2005, pour ne citer qu'eux
  9. Voir Edward Chamberlin et de Joan Robinson, La théorie de la concurrence monopolistique, Paris, PUF, 1953, traduction depuis : (en) Theory of Monopolistic Competition, Cambridge, Harvard University Press, 1933
  10. Voir sur ce point, parmi d'autres (en) Mancur Olson, The Logic of collective action, 1966 et Daniel Kahneman, Toward a Positive Theory of Human Choice, 1980
  11. Government failure en anglais, et non state failure (qui sert à désigner l'incapacité de l'État à réellement exister).
  12. Pour aller plus loin, le lecteur se rapportera aux articles modèle de Harrod-Domar, modèle de Solow
  13. L'analyse macroéconomique comme branche spécifique de l'analyse économique date de la publication de la Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie de John Maynard Keynes en 1936. Pour tout autant, la macroéconomie moderne, comme discipline qui à pour but de comprendre pourquoi l'économie connait des épisodes comme la Grande dépression et pourquoi l'emploi et la production fluctuent au cours du temps, débute avec Keynes Joseph E. Stiglitz, Carl E. Walsh, Principes d'économie moderne, 2e édition, Ed. de Bœck, 2004, p. 490
  14. Hugo A. Keuzenkamp, écrit dans son ouvrage Probability, econometrics and truth : the methodology of econometrics publié en 2000 aux Cambridge University Press, p. 2 :" in econometrics, controlled experiments are rare and reproductible controlled experiments even more so... "
  15. Voir (en) Olivier Williamson, Market and Hierarchies, Analysis and Antitrust Implications, Free Press, 1975
  16. Henri Fayol, Administration Industrielle et Générale, Dunod, 1918
  17. Voir (en) Bardhan, Pranab K. and Christopher Udry, Development Micrœconomics, Oxford, 2000
  18. Voir (en) Ruth Towse, A Handbook of Cultural Economics, Edward Elgar, ISBN 978-1840643381, 2003
  19. Voir Colin Clark, La Condition du Progrès Économique, 1951

Références

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Bibliographie

Livres

Histoire de la pensée économique
Grands économistes
Ouvrages spécialisés

Manuels d'économie

Articles de revues universitaires

Encyclopédies et dictionnaires

(en) New Palgrave (encyclopédie spécialisée dans l'économie) édition 1987
(en) New Palgrave édition 2008
Encyclopédies généralistes
Dictionnaires et lexiques

Florence De Méredieu, Lexique de Gestion, Larousse in extenso, 2008 

Articles et livres de vulgarisation

Livres
Articles

Voir aussi

Liens externes

Quelques ouvrages pour aller plus loin

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  2. Thomas Robert Malthus, Principe d'économie politique, 1820
  3. David Ricardo, Principes de l'économie politique et de l'impôt, 1817, Traduit en français par MM. Constancio et Alcide Fonteyraud, en 1847, à partir de la 3e édition anglaise parue en 1821
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  31. (en) Arthur Cecil Pigou, The Economics of Welfare, 1932
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  33. Adolph Wagner, œuvre d'économie II, Paris, Gallimard 1880
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