Entreprise
Une entreprise est une structure économique et sociale qui regroupe des moyens humains, matériels, immatériels et financiers, qui sont combinés de manière organisée pour apporter des biens ou des services à des clients dans un environnement...
Catégories :
Fonctionnement de l'entreprise
Une entreprise est une structure économique et sociale qui regroupe des moyens humains, matériels, immatériels (service) et financiers, qui sont combinés de manière organisée pour apporter des biens ou des services à des clients dans un environnement concurrentiel (le marché) ou non concurrentiel (le monopole) avec un objectif de rentabilité. Une entreprise est le plus souvent une structure légale : une société - anonyme, par actions, à responsabilité limitée, coopérative, etc.
L'entrepreneur
L'entrepreneur est avant tout un individu qui anticipe un besoin, assemble et organise les outils et les compétences nécessaires pour satisfaire ce besoin. Ce faisant, il prend le risque que ce besoin ne se matérialise pas ou que les moyens qu'il a mis en place pour le satisfaire se révèlent incorrects.
Le terme "entrepreneur" fait appel à des notions de création et d'innovation[1], et se distingue par conséquent de celui de chef d'entreprise. Pourtant, ces deux termes quoique relevant de réalités différentes, caractériseront fréquemment les mêmes personnes : un entrepreneur est un chef d'entreprise, si il pilote lui-même son projet et un chef d'entreprise peut être qualifié d'"entrepreneur" de par les objectifs intrinsèque de sa fonction.
Historiquement, l'entrepreneur est un intermédiaire, un courtier en travail : on lui passe des commandes fermes de biens ou de services, il recherche les ouvriers qui vont produire chacun une partie de cette commande et il s'assure de la bonne livraison. Ceci dans un contexte où la division du travail est trop peu marquée, où les ouvriers travaillent à domicile, et disposent de leurs outils et même de leurs machines (métier à tisser par exemple).
Avant la révolution industrielle, un entrepreneur est en particulier un «homme-orchestre» capable d'optimiser les besoins en capitaux et les ressources humaines pour mener une activité licite et profitable, les moyens de production et la force de travail n'étant pas encore regroupé au sein d'entreprise. SPOT On retrouve toujours au XXIe siècle ce type d'organisation, par exemple, dans l'industrie du transport, les services (ingénierie... ) où à côté de grands groupes, des indépendants sont propriétaires de leur outil de travail (par exemple, camions, péniches ou barges) et trouvent leurs donneurs d'ordres par l'intermédiaire de courtiers.
Avec la révolution industrielle, les entrepreneurs changent, ils regroupent des machines sur un même lieu de travail et conservent les mêmes ouvriers longtemps, ce qui donne naissance aux entreprises au sens respectant les traditions. On voit alors immerger la figure de l'entrepreneur-chef d'entreprise (un exemple connu étant celui d'Henry Ford)
Typologie et statuts juridiques
Les entreprises peuvent être classées selon plusieurs critères :
Classification par secteur économique (déterminé par leur activité principale)
- Secteur primaire (agriculture, sylviculture, pêche, quelquefois mines),
- Secteur secondaire (industrie, bâtiment et travaux publics),
- Secteur tertiaire (services),
Par delà cette classification classique, des auteurs distinguent un secteur quaternaire (recherche, développement et information)
Classification par taille et impact économique
Selon la définition de la Commission européenne dans sa recommandation 3002/361/CE du 6 mai 2003[2], les entreprises sont classées comme :
- micro-entreprise : Sous-catégorie des TPE définie en France par un chiffre d'affaires inférieur à 76 300 euros pour celles réalisant des opérations d'achat-vente ainsi qu'à 27 000 euros pour les autres (selon l'article 35 de la loi du 1er août 2003 pour l'initiative économique).
- très petite entreprise (TPE) : moins de 10 salariés avec soit un chiffre d'affaires inférieur à 2 millions d'euros par an, soit un total bilan inférieur à 2 millions d'euros.
- petite entreprise (PE) : entre 10 salariés et 49 salariés avec soit un chiffre d'affaires inférieur à 10 millions d'euros par an, soit un total bilan inférieur à 10 millions d'euros.
- moyenne entreprise (ME) : entre 50 salariés et 249 salariés avec soit un chiffre d'affaires inférieur à 50 millions d'euros par an, soit un total bilan inférieur à 43 millions d'euros.
- Grande entreprise : 250 salariés et plus ou à la fois un chiffre d'affaires supérieur ou égal à 50 millions d'euros par an et un total bilan supérieur ou égal à 43 millions d'euros.
- groupe d'entreprises : comporte une société mère et des filiales
- entreprise étendue (ou en réseau, ou matricielle, ou virtuelle) : comprend une entreprise pilote œuvrant avec de nombreuses entreprises partenaires - Voir la liste des entreprises françaises selon leur taille.
Classification par branche et secteur d'activité (classification Insee)
- Le secteur : Ensemble des entreprises ayant la même activité principale.
- La branche : Ensemble d'unités de production fournissant un même produit ou service.
Pour l'Insee, une entreprise est une unité économique, juridiquement autonome, organisée pour produire des biens ou des services pour le marché ; elle est identifiée par le numéro SIREN (tandis qu'un établissement est une unité de production géographiquement individualisée, mais juridiquement dépendante de l'entreprise (unité SIREN), et où s'exerce tout ou partie de l'activité de celle-ci. Un établissement produit des biens ou des services ; il est identifié par un numéro SIRET.
Classification par statut juridique
- Les Établissements commerciaux ou industriels
- Les administrations centrales correspondant à chacun des ministères; avec leurs subdivisions quand celles-ci ont une personnalité morale autonome (régiments, lycées, etc. )
- Les collectivités territoriales, régions, départements, communes, et les Com, Dom, Rom, (communes, départements et régions d'outre-mer) ;
- Les sociétés civiles immobilières et les copropriétés;
- Les entreprises publiques, gérées par l'État,
- Les ordres professionnels et les Sociétés civiles professionnelles,
- Les sociétés coopératives, dans lesquelles les associés dirigent (salariés, consommateurs, habitants, bénéficiaires du service... )
- Les associations, entreprises privées dont les bénéfices doivent être totalement réinvestis,
- Les sociétés mutuelles
Autre classification transversale
Une autre forme de classement distingue trois grands types d'entreprises[réf. nécessaire] existant dans l'ensemble des pays :
- les entreprises privées à but lucratif (ex : TPE, PME, Grands Groupes),
- les entreprises privées à but non lucratif (relevant de l'économie sociale),
- les entreprises publiques (ex :SNCF... ).
Les statuts juridiques en France
Le fait d'entreprendre est , dans l'ensemble des pays, encadré par une règlementation. La majorité des entreprises fonctionnent par conséquent dans un cadre déterminé par la loi : le droit des sociétés.
L'entreprise individuelle
Dans le contexte de l'économie capitaliste habituelle, il est envisageable d'avoir une entreprise à titre personnel : il s'agit alors d'une entreprise individuelle, c'est-à-dire que l'entrepreneur exerce directement et en son propre nom l'activité économique.
En clair, l'entrepreneur est son propre salarié. En cas de coups durs, il décidera de ne pas se rémunérer et ne disposera plus d'aucuns Droits de la Sécurité Sociale.
La distinction entre entreprise et établissement est importante : un établissement est une unité de production qui dépend d'une entreprise.
Cela n'exclut pas l'existence d'un nom commercial mais, d'un point de vue juridique, seule la personne physique qu'est l'entrepreneur s'engage (signature des contrats, naissance des droits et obligations découlant de l'activité directement dans le patrimoine de l'individu).
L'exercice d'une activité sous forme d'entreprise individuelle concerne généralement les micrœntreprises. A titre d'exemple, en France, 96.6 % des 3 millions d'entreprises sont des très petites entreprises de 0 à 3 collaborateurs.
Aucun capital minimum n'est imposé par la loi.
Les entreprises personnes morales
Il est aussi envisageable de former une personne morale sous forme de société. Celle-ci peut grouper plusieurs participants à son capital et est apte à faire des actes de gestion. Les diverses formes de sociétés fluctuent selon les pays.
Il convient alors de distinguer la propriété effective de l'entreprise et le pouvoir d'accomplir des actes de gestion au nom de la société. Selon la forme sociale, le responsable de la marche courante de l'entreprise sera nommé un gérant, Président-directeur général ou Directeur général. Le titulaire de cette fonction peut être détenteur de parts sociales ou d'actions ou être mandaté pour cela par l'assemblée générale des associés.
Le droit des sociétés français distingue surtout les statuts de société anonyme (SA), société à responsabilité limitée (SARL), société par actions simplifiée (SAS), société civile (SC) et société en nom collectif (SNC).
Le fait qu'une entreprise utilise une forme de société par actions n'implique pas obligatoirement que ces titres soient cotés en bourse (ou même qu'elle soit reconnue comme faisant un appel public à l'épargne). Si c'est le cas, des achats en bourse ou des offres publiques peuvent faire changer la majorité de contrôle de l'entreprise, et aboutir aussi au changement de sa direction.
Finalités
Objectifs généraux
La fonction première d'une entreprise fluctue selon l'entreprise ou même selon les points de vue au sein d'une même entreprise (par exemple, point de vue de l'actionnaire, de l'employé, du syndicat, de la direction... ). Parmi les différentes fonctions opérationnelles généralement observées, on trouve :
- servir le marché, en produisant et distribuant des biens et services correspondant à une demande solvable. C'est sa seule justification économique, aucune entreprise ne pouvant survivre sans en faire sa priorité, à moins d'être protégée et en dehors du champ de la concurrence (ex. : cas de certains services publics), ce qui, d'un point de vue purement économique, peut la conduire à consommer plus de ressources qu'elle ne présente d'utilité.
- gagner de l'argent, c'est-à-dire extraire des bénéfices financiers en «récoltant plus d'argent que d'argent investi», surtout pour attirer les investisseurs institutionnels et les petits actionnaires,
- produire un excédent de trésorerie, qui sera investi avec un plus grand profit dans le développement des activités ou une autre entreprise (dans le cadre d'un «groupe»).
- maximiser, selon le statut, l'utilité sociale (perfectionner la situation de la société) ou le profit (différence entre le prix de vente et le coût des ressources consommées).
- atteindre un but technique : réalisation d'un ouvrage (tunnel, pont, route... ), fabrication d'un produit manufacturé, la conception et réalisation d'un service donnant satisfaction à un client. Ce but technique peut lui-même être extrêmement varié, on citera surtout :
- les activités qui ne sont pas, pour l'entrepreneur, l'enjeu principal, mais un moyen au service d'une autre activité : par exemple la possession d'un groupe de presse, de production de ressources stratégiques ou d'entreprises vecteurs d'images (à l'exemple de la présence des cigarettiers dans l'industrie du prêt-à-porter),
- les coopératives agricoles qui sont des entreprises qui visent à dégager un bénéfice non pour elles-mêmes, mais pour les coopérateurs adhérents,
- les «entreprise d'insertion» visent à rendre aptes leurs employés à occuper un travail «normal», sans chercher occasionnellement(atelier chantier d'insertion) à générer du bénéfice.
Certaines sociétés peuvent détourner les fonctions premières de l'entreprise, surtout pour :
- camoufler des activités légales ou illégales (ex. : certaines activités comme le jeu, le change, le lavage de voitures, l'immobilier... sont connues pour permettre le «recyclage» ou le «blanchiment» de l'argent issu d'activités illégales).
Divers points de vue politiques sur l'utilité fonctionnelle de l'entreprise privée ont été formalisés au cours de l'histoire et de l'élaboration de la pensée économique :
- de son inutilité totale, aboutissant à sa suppression et/ou sa collectivisation,
- à sa complète utilité (surtout en termes de création d'emplois), aboutissant à son encouragement et au développement des PME, des TPE, des sociétés artisanales et des professions libérales.
Recherche des bénéfices
Finalité des bénéfices : rémunérer le risque pris par l'actionnaire
Parmi les différents buts envisageable pour une entreprise, la recherche du bénéfice occupe une place importante. Le bénéfice de l'entreprise (différent du profit) sert avant tout à rémunérer le capital investi.
Dans le cas des entreprises dites capitalistes, si un investisseur (une des personnes qui financent l'entreprise) décide de le placer dans une entreprise plutôt que de le conserver, c'est qu'il souhaite que l'argent ainsi positionné dans l'entreprise lui rapporte plus. Si une entreprise ne génère pas un profit suffisant redistribué sous forme de dividendes, sa réputation ternit et elle n'attire plus les investisseurs. Sa capacité de développement (en général consommatrice de capitaux pour - par exemple - ouvrir des filiales à l'étranger ou démarrer de nouveaux programmes d'innovation) ou alors sa survie s'en trouvent alors obérées, ou alors peuvent être remises en cause.
Pour chaque secteur d'activité, il existe un niveau de profit «normal» attendu. Ainsi, par exemple, dans le secteur pharmaceutique des années 2000, le niveau moyen de profit attendu était de 15 % par an du capital investi. Si une entreprise génère moins de profit, les actionnaires qui y ont positionné leurs économies (directement ou plus fréquemment indirectement via une banque ou une caisse de retraite) sont déçus, perdent peut-être confiance dans l'investissement consenti et vendent leurs actions : le prix de l'entreprise (qu'elle soit en bourse ou non) diminue alors et les investisseurs restants y perdent.
Une entreprise capitaliste dont les profits sont faibles trop longtemps n'a pas de justification économique : elle est généralement fermée ou racquise. Dans le cas d'entreprise de l'économie sociale, elle perdura si elle apporte une utilité sociale à la société (ex. : entreprise de réinsertion) et si elle trouve un bailleur de fonds apte à en financer les pertes éventuelles (ex. : collectivité territoriale). Enfin, les entreprises familiales - à la fois privées et non cotées - peuvent trouver un équilibre entre profits élevés et utilité sociale, tout en réussissant sur le long terme, surtout par leur taille à l'échelle humaine et la proximité du management vis-à-vis des salariés.
L'origine du bénéfice
De manière simplifiée, la rentabilité d'une activité s'obtient en vendant le plus cher envisageable un produit ou service et en dépensant au minimum pour le produire.
On peut distinguer des revenus normaux et des revenus exceptionnels :
- Les revenus normaux sont les produits des ventes et des opérations financières courantes sur l'année en cours (crédits clients et fournisseurs)
- Les revenus exceptionnels ne font pas - par définition - partie des opérations courantes de l'entreprise. Il peut s'agir de vente d'actifs (bâtiments, machines, etc. ), de vente de filiales ou d'opérations comptables diverses (ex. : réévaluation de la valeur financières d'un stock).
La marge, calculée comme différence entre le prix de vente et le coût de revient des marchandises incorporées dans le produit vendue représente la principale contribution au bénéfice de l'entreprise.
Pour augmenter cette marge, il existe seulement deux leviers :
- augmenter le prix des produits ou services vendus (ex. : vendre un véhicule automobile à 15 000 €),
- diminuer le coût de production des produits ou services vendus (ex. : produire le véhicule avec 12 000 €).
Les moyens d'action sur la réduction des coûts sont extrêmement divers, surtout :
- négocier avec les fournisseurs pour baisser les prix d'achat des marchandises incorporées,
- perfectionner la qualité pour produire avec moins de rebut,
- perfectionner la productivité des machines,
- perfectionner la productivité des hommes (amélioration de la qualification, ajustement du ratio entre la rémunération fixe et celle indexée sur les résultats, amélioration des conditions de travail, audit des pratiques dans l'objectif de les perfectionner, meilleure gestion du personnel, management des compétences, audit des outils),
- diminuer les taxes et prélèvements sur la production (impôt sur les profits, diminution des cotisations salariales des caisses sociales ou de retraites, bénéficier d'exonérations)
- diminuer les stocks pour diminuer le capital immobilisé,
- négocier des conditions de règlement plus rapides vis-à-vis des clients afin d'avoir moins de frais financiers.
- utiliser des logiciels libres pour diminuer le capital immobilisé par les logiciels propriétaires payants
- s'implanter à côté des lieux de production des matières premières.
- diminuer la masse salariale et les avantages sociaux
- utiliser l'analyse de la valeur (c'est fréquemment le moyen le plus puissant puisque on peut diminuer quelquefois les coûts dans des proportions énormes)
Innovation
La solution à ces déplacements mondiaux des centres de production de faible valeur ajoutée passe par l'innovation, la création d'activités à forte valeur ajoutée (ex. : Airbus A380, TGV, automobiles intelligentes, microprocesseurs, nouveaux matériaux, logiciels particulièrement élaborés, biotechnologies, armements, centrales nucléaires, robot d'assistance aux personnes âgées, textiles intelligents, haute couture... ) demandant une main d'œuvre créative et hautement qualifiée, mais aussi le développement de services de proximité.
En 2008, les services représentent 70 % du PIB du monde occidental, ce qui consacre l'évolution des pays développés vers l'économie post-industrielle[réf. nécessaire].
Critiques et défense de l'entreprise
L'entreprise privée, comme entité de création et de partage des richesses, a fait l'objet de nombreuses critiques. La critique, provenant surtout depuis le XIXe siècle de la pensée du socialisme et du christianisme social, s'est révélée plus profonde dans les pays de culture catholiques (dans lesquels les rapports de la morale avec l'argent sont complexes) que dans les pays de culture protestantes, dans lesquels la position et la fonction sociale de chaque individu est reconnue comme étant le fruit de la volonté divine (selon la thèse de Max Weber sur l'éthique protestante et le capitalisme).
L'entreprise privée est reconnue par certains détracteurs comme une entité faisant primer ses intérêts spécifiques au détriment de l'intérêt général.
- La critique socialiste apparue au XIXe siècle s'est en premier lieu portée sur les conséquences économiques avec la question de la répartition inégalitaire des richesses crées par l'entreprise, au profit des capitalistes (la rémunération du capital) et au détriment des salariés (qui apportent leur travail). Elle a surtout été théorisée par Karl Marx.
- Les critiques concernant l'influence des entreprises sur le pouvoir politique se sont ajoutées. Dans la théorie marxiste, la "superstructure" sociale, qui comprend les pouvoirs politique et religieux est au service de l'«infrastructure» économique. Cette critique, sur le lien entre hommes politiques et entreprises, même en dehors du courant de pensée marxiste, est particulièrement vivace au début du XXIe siècle.
- Les entreprises sont accusées de mener un jeu géopolitique propre, dicté par leurs seuls intérêts, indépendant ou alors contradictoire avec celui les politiques étrangères nationales ou internationales (par exemple sur la question des droits de l'homme). Historiquement, les (ou des ) entreprises privées ont été accusées d'avoir promu le colonialisme et l'impérialisme occidental et la guerre. C'est par exemple la critique de Lénine sur l'impérialisme, stade suprême du capitalisme.
- À partir de la fin du XXe siècle, les entreprises ont été accusées de dégrader l'environnement dans le cadre de leur activité.
D'autres critiques se sont focalisées sur le fonctionnement interne de l'entreprise privée. On relèvera surtout :
- La critique d'exploitation du salarié compte tenu de l'asymétrie des rapports de force entre employeurs et employés, surtout en période de chômage.
- Des critiques sur la ligne de partage de la richesse (des gains de productivité, des bénéfices) entre ceux qui apportent le capital et ceux qui apportent le travail.
- La critique du pouvoir dans l'entreprise qui appartient habituellement aux agents apportent les capitaux et non à ceux qui fournissent leur travail. D'où des tentatives d'équilibrage à travers par exemple la cogestion en Allemagne.
- La critique des formes de pression exercée sur le salarié et conduisant à des phénomènes de stress, évoqués surtout à partir de la fin du XXe siècle.
Face aux critiques, les défenseurs des entreprises soulignent que l'intérêt privé va en fait dans le sens de l'intérêt général :
- L'entreprise privée forme le moyen le plus efficace d'allocation des ressources (capital, travail, matières premières et énergie) compte tenue surtout de la contrainte de rentabilité.
- L'entreprise privée forme le moteur le plus efficace de la croissance économique et de l'innovation technique. Même lorsqu'elle n'est pas à sa source, l'entreprise est le vecteur d'application et de diffusion des innovations techniques.
- L'entreprise, guidée par le souci de son développement et de sa rentabilité, ne tient pas compte des distinctions de nationalité, de race ou de sexe pour ne se baser que sur le mérite personnel. L'entreprise est alors reconnue comme un facteur de paix et de rapprochement international et d'intégration des personnes différentes.
En ce qui concerne le fonctionnement interne de l'entreprise, ses défenseurs ajoutent que l'entreprise peut au contraire être un lieu d'épanouissement personnel. Les cas les plus en pointe de cette tendance se situent dans les entreprises de nouvelles technologies, dans lesquelles les entrepreneurs sont fréquemment jeunes et les rapports humains moins formels (la culture de la startup cool). La transformation de certaines entreprises en véritables lieux de vie, avec espaces de détente collectif à proximité, a été reconnue par certains comme un moyen insidieux de contrôle de l'employé.
Certaines grandes entreprises privées ont développé depuis le XIXe siècle des programmes sociaux et culturels pour leurs employés (cantines, logements, cours, activités sportives et culturelles, vacances). Ces pratiques, quelquefois issues du christianisme social, ont été dénoncées en Occident par la pensée socialiste comme relevant du paternalisme. À l'extrême, certaines entreprises ont donné naissance, avec les logements ouvriers, à de véritables villes (par exemple en France, Anzin ou Decazeville). Ces pratiques ont tendance à disparaître avec la tendance au recentrage des entreprises sur leurs cœur de métier.
Prise en compte des impératifs de développement durable
Certaines entreprises se sont souciées de relégitimer leur rôle dans la société à travers divers vecteurs, en particulier notables à partir de la fin du XXe siècle :
- Les rapports de développement durable rédigés par les grandes société mettent en avant leur rôle social et environnemental. La communication sur les efforts en faveur de l'environnement est devenue un argument majeur au début du XXIe siècle. En France, elle est rendue obligatoire par la loi sur les nouvelles régulations économiques (article 116).
- Le mécénat (artistique, humanitaire, social, etc. ) forme tout autant un moyen de légitimation de la place de l'entreprise qu'une action de communication institutionnelle en faveur de l'image de l'entreprise.
- En France, le thème de l'«entreprise citoyenne», en vogue au tout début des années 2000, a fait avancer la réflexion sur la place de l'entreprise dans la société.
L'évaluation de l'entreprise se fait dans ce cas par des agences de notation sociétale, qui examinent les rapports de développement durable pour noter les entreprises. Les investissements socialement responsables permettent de s'orienter vers les entreprises les mieux notées sur le plan sociétal.
Ainsi, une nouvelle forme d'entreprise pourrait émerger, qui prendrait en compte les intérêts à long terme de la totalité des parties prenantes de l'entreprise, et non plus uniquement l'unique intérêt à court terme des seuls actionnaires. En effet, le développement durable fait intervenir non seulement le marché, mais également l'État et la société civile.
Le mode de gouvernance des entreprises conforme au développement durable se nomme la responsabilité sociétale des entreprises.
Organisation et fonctionnement
Acteurs : actionnaires, dirigeants, salariés
L'entreprise fonctionne avec plusieurs types d'acteurs :
- Les détenteurs du capital de l'entreprise, quand le support juridique de l'entreprise est un contrat de société (les actionnaires, propriétaires des parts sociales de la société),
- La direction de l'entreprise (mandatée par les actionnaires quand il y en a),
- Les employés de l'entreprise (recrutés par la direction de l'entreprise).
Selon la taille et le statut juridique choisi par l'entreprise, ces acteurs sont quelquefois confondus : une cordonnerie fonctionnant avec une personne unique peut soit relever d'une activité artisanale sans capital ni salarié, soit être constituée en société, la même personne étant à la fois détentrice du capital, mandataire social et unique salarié.
Les entreprises plus grandes sont le plus souvent constituées en société et ces acteurs sont différenciés.
Les actionnaires
Les actionnaires détiennent le capital de la société qui porte l'entreprise. Leur rôle est d'apporter les fonds financiers nécessaires au développement de l'entreprise, de choisir les membres de la direction et de vérifier la bonne administration des affaires par la direction. Ils perçoivent des revenus sur les bénéfices de l'entreprise, dénommés dividendes.
La direction
Elle se compose de personnes chargées de la gestion des affaires courantes de l'entreprise et du déploiement de la stratégie d'entreprise validée par les actionnaires.
Sa rémunération est généralement constituée d'un salaire, mais aussi d'une forme d'intéressement, fréquemment sous la forme de stock options ou de bonus financiers plus ou moins indexés sur la performance de l'entreprise.
Les salariés
Ils sont généralement composés :
- des cadres, chargés de la gestion et de la conduite des opérations par l'encadrement des ressources humaines appropriées,
- des employés, chargés de l'exécution des processus commerciaux et de production en liaison avec l'encadrement.
Ils perçoivent un salaire en échange de leur travail apporté au sein de l'entreprise.
Des acteurs en coopérations ou en compétitions
Certaines approches de l'entreprise reposent sur le principe que les trois catégories d'acteurs de l'entreprise privée (actionnaires, direction, salariés) sont porteurs d'intérêts divergents et elles opposent les intérêts des salariés et ceux des actionnaires.
D'autres approches de l'entreprise reposent sur une vision systémique plus régulée et plus coopérative entre les trois catégories d'acteurs.
Gouvernement d'entreprise
La notion de gouvernement d'entreprise (ou gouvernance en franglais) est apparue à la fin du XIXe siècle pour accompagner un renversement du pouvoir au sein de l'entreprise.
- Dans l'entreprise classique selon le modèle du XIXe siècle, comme dans les PME, le pouvoir appartient aux actionnaires, qui sont les propriétaires de l'entreprise. Même s'ils délèguent, dès le XIXe siècle, la gestion à des cadres et des ingénieurs, les contacts sont habituels et le contrôle étroit.
- Le développement de la taille des entreprises a entraîné à la fois une complexité croissante des fonctions de direction des grandes entreprises, avec des spécialisations, et la dispersion de leur actionnariat. Le véritable pouvoir est passé aux mains des dirigeants opérationnels de l'entreprise, alors que le contrôle de l'actionnaire est devenu plus lointain, quelquefois réduit au seul rituel de l'assemblée générale annuelle des actionnaires. Cette ère des managers a été théorisée par James Burnham en 1941 édition français préfacée par Léon Blum en 1947).
- Avec la "Révolution libérale" des années 1980 et la généralisation du principe du marché, il est apparu que les intérêts des managers ne coïncidaient pas forcément avec ceux des actionnaires. A titre d'exemple, le manager peut privilégier une stratégie axée sur la croissance et la taille de l'entreprise, alors que l'intérêt de l'actionnaire pourrait être de privilégier la rentabilité de l'entreprise et de son action. Le thème du gouvernement d'entreprise, apparu en France au milieu des années 1990 avec surtout le rapport Viénot, tend à rendre aux actionnaires une part du pouvoir qu'ils ont perdu. Il s'exprime de plusieurs façons :
- La règlementation s'est durcie en ce sens (loi NRE, en France), renforçant les obligations de la direction de rendre compte de son travail devant les actionnaires.
- La séparation des fonctions entre représentation des actionnaires (rôle du président du conseil d'administration ou du conseil de surveillance) et direction opérationnelle (rôle du directeur général ou du président du directoire) forme une forme de réponse.
- Les exigences de retour sur capitaux investis (RŒ ou ROCE) marquent la prise en compte au niveau des objectifs financiers des entreprises de l'intérêt de l'actionnaire.
- Le développement des politiques de stock options, au cours de ces mêmes années, va aussi dans la logique de lier l'intérêt du manager avec celui de l'actionnaire.
Organisation
Une entreprise repose sur un certain nombre de fonctions vitales qui assurent son fonctionnement. Henri Fayol en a distingué six : technique, commerciale, financière, de sécurité, comptable (informationnelle), administrative (de gestion).
Généralement, les entreprises instaurent une hiérarchie parmi leurs employés : ceux qui sont localisés à un échelon inférieur (ex. : équipiers, collaborateurs, employés... ) obéissent à ceux localisés à un échelon supérieur (managers, cadres, chefs de projet... ). Cette organisation hiérarchique peut se justifier par l'existence de coûts de transaction, justification qui découle du théorème de Coase et est développée par les travaux d'Oliver Williamson. La hiérarchisation est combinée à une spécialisation des activités dans la structure organisationnelle de l'entreprise. Cette question de l'organisation a été étudiée surtout par Henry Mintzberg dans son ouvrage : Structure et dynamique des organisations.
Les entreprises sont le plus souvent organisées avec :
- Des entités opérationnelles, qui sont le plus souvent axées sur les métiers (par exemple, en 2008, le groupe Danone est organisé en trois pôles : produits laitiers frais, biscuits et produits céréaliers, boissons). Les grandes entreprises monométiers peuvent être organisées en entités régionales (par exemple, Amériques, Europe-Moyen-Orient-Afrique (ou Emea, regroupement courant dans les entreprises au début du XXIe siècle), Asie).
- Des fonctions transversales, fonctions "de siège" communes au groupe, ou quelquefois décentralisées par pôle ou région du monde. Classiquement, on trouve là les fonction de direction générale, de direction financière (dont la gestion, la comptabilité, le contrôle de gestion), de ressources humaines, de marketing et communication, de recherche et développement, d'informatique, etc.
Les fonctions transversales peuvent être :
- exercées en interne par des salariés de l'entreprise.
- sous-traitées à des entreprises extérieures prestataires de service (ex : communication externe, prestations de recherche et développement).
- voire exercées par une personne œuvrant seule, généralement intervenant comme consultant externe (ex : expert qualité).
La gestion
Méthodes de gestion
Une entreprise doit être managée dans sa globalité.
Il convient par conséquent d'appliquer la totalité des méthodes de Management dédiées aux diverses composantes de l'entreprise :
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Informatique de gestion
Il existe deux types d'outils pour la gestion des entreprises :
- des outils généralistes, telles que les suites bureautiques qui permettent de produire des documents, des tableaux, des présentations commerciales ;
- des outils de gestion.
Ces derniers permettent de gérer chacune des fonctions de l'entreprise. Actuellement, la majorité d'entre elles optent pour un Progiciel de gestion intégré ou PGI qui a l'avantage de centraliser les données de gestion au sein d'une base de données unique.
Jadis réservés aux grandes sociétés, ces outils sont de plus en plus communs dans les PME/PMI.
Autres thèmes importants
Mesures des performances
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Concurrence
Pour le droit de la concurrence, la forme juridique (personne morale de droit privé ou de droit public, société, association) et l'objectif (lucratif ou pas) de l'entreprise sont indifférents. Ainsi pour le droit communautaire, «la notion d'entreprise comprend toute entité exerçant une activité économique, indépendamment du statut juridique de cette entité et de son mode de financement» (Cour de Justice des communautés européennes (CJCE), arrêt Höfner, 1991).
Néanmoins, n'exerce pas une activité économique, et n'est plus une entreprise soumise au droit de la concurrence, l'organisme qui remplit une fonction exclusivement sociale (CJCE, Poucet 1993) ou celui qui exerce des prérogatives de puissance publique (CJCE, Eurocontrol, 1994).
Entreprises en difficulté
- Cessation de paiement
- Dépôt de bilan
- Faillite
- Redressement judiciaire
- Subventions, aide de l'État et aide des banques
Autres
- Contexte de l'entreprise
- Responsabilité sociale des entreprises
- Fonctionnement et organisation de l'entreprise
Notes et références
- Joseph Schumpeter : «L'entrepreneur est un homme dont les horizons économiques sont vastes et dont l'énergie est suffisante pour bousculer la propension à la routine et réaliser des innovations»
- Journal officiel L124 du 20 mai 2003
Voir aussi
Bibliographie
- Management et économie des entreprises de Gilles Bressy et Christian Konkuyt, Editions SIREY, 9e édition, Paris, 2008. (ISBN 9782247079346)
- Les risques du manager d'Azad Kibarian et Jean-Pierre Thiollet, collection Lire Agir, Vuibert, Paris, 2008. (ISBN 2-71178-734-X)
- Manager avec les ERP- Entreprises recevant du public, Architecture orientée services de Jean-Louis Lequeux, Éditions d'organisation, Paris, 2008. (ISBN 978-2-21254-094-9)
- ERP et PGI- Progiciel de gestion intégré, de J-L Tomas, Dunod, Paris, 2007. (ISBN 978-2-10051-373-4)
- Piloter un projet ERP, de Jean-Luc Deixonne, Dunod, Paris, 2006. (ISBN 2-10007-028-2)
- Leçon d'histoire sur l'Entreprise de l'Antiquité à nos jours, Michel Drancourt, PUF, Paris, 2002 (2de éd. ). (ISBN 2-13052-519-9)
- L'Entreprise partagée ? Une pratique différente des relations sociales, Robert Thomas (pseudonyme d'une équipe sous la direction de Pierre Beretti et avec le concours de Jean-Pierre Thiollet), Maxima-Laurent du Mesnil éditeur, Paris, 1999. (ISBN 2-84001-173-5)
- Objectif : Entreprise — Le français des affaires, Janine Bruchet, Cornelsen, Berlin, 1992
- Entrepreneurs, entreprises. Histoire d'une idée, Hélène Vérin, PUF, Paris, 1982.
Liens externes
- Définition selon l'Insee.
- Site du magazine L'Entreprise.
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