François Quesnay

François Quesnay, né le 4 juin 1694 à Méré et mort le 16 décembre 1774 à Versailles, est un médecin et économiste français, penseur du roi Louis XV et l'un des fondateurs de la première école en économie, l'école des Physiocrates.


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Physiocratie - Économiste français - Médecin français - Médecin du XVIIIe siècle - Économiste du XVIIIe siècle - Encyclopédistes - Membre de l'Académie des sciences (France) - Naissance dans la province d'Île-de-France - Naissance en 1694 - Décès en 1774

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François Quesnay

François Quesnay, né le 4 juin 1694 à Méré et mort le 16 décembre 1774 à Versailles, est un médecin et économiste français, penseur du roi Louis XV et l'un des fondateurs de la première école en économie, l'école des Physiocrates. Il est l'auteur du Tableau économique (1758), qui est la première représentation schématique de l'économie.

Biographie

Son père est un petit propriétaire terrien (et non un avocat comme l'a prétendu une légende tenace[1]). Il a treize frères et sœurs. À onze ans, il ne sait toujours pas lire. Il va alors apprendre avec son jardinier, ce qui va développer chez lui un goût pour la médecine et l'« administration rurale ». Dès 1711 il apprend le latin et le grec avec le curé de son village.

Le chirurgien

À treize ans, il se retrouve orphelin de père et décide de se consacrer à la chirurgie. Il étudie la médecine et devient, en 1718, maître dans la communauté des chirurgiens de Paris. Il commence sa carrière à Mantes et devient chirurgien royal en 1723. En 1744, il obtient le titre de docteur en médecine et devient médecin de Madame de Pompadour en 1749. Il rentre à l'Académie des sciences en 1751 et devient membre de la Royal Society en 1752. Louis XV l'anoblit la même année suite à la guérison du Dauphin de la petite vérole. Suite à cette guérison, il reçoit des mains du souverain, qui l'appelait son « penseur », des « armoiries parlantes » : trois fleurs de pensées. Ses premiers livres portent principalement sur la médecine : Observations sur les effets de la saignée (1730), Essai phisique sur l'œconomie animale (1736), L'Art de guérir par la saignée (1736), Traité de la suppuration (1749), Traité de la gangrène (1749), Traité des fièvres continues (1753).

Il achète en 1755 un domaine foncier dans le Nivernais.

Intérêt tardif pour l'économie

Ses relations, parmi lesquelles les académiciens d'Alembert et Buffon, le philosophe Diderot, les habitués de son entresol Helvétius et Condorcet, lui font découvrir de nouveaux centres d'intérêts. Après cette brillante carrière de médecin-chirurgien qui l'a conduit jusqu'au chevet du roi, Quesnay se tourne dans les années 1750 vers l'économie. Il forme l'école des Physiocrates surnommée «secte des économistes» par ses détracteurs, où le rejoignent progressivement Victor Riqueti de Mirabeau, le rédacteur des Éphémérides du citoyen, l'abbé Nicolas Baudeau, l'avocat Guillaume-François Le Trosne, André Morellet, l'intendant Mercier Lariviere et Pierre Samuel du Pont de Nemours. Ses principales œuvres économiques sont des articles de l'Encyclopédie : «Fermiers» (1756), «Grains» (1757), «Hommes» (1757)  ; les livres Le Tableau économique (1758)  ; Maximes générales du gouvernement économique d'un royaume agricole (1758)  ; le chapitre VII de la Philosophie rurale de Mirabeau ; et des articles parus dans le Journal de l'Agriculture, du Commerce et de la Finance : «Le droit naturel» (1765), «Dialogue sur le commerce» (1765) et «Dialogue sur les travaux des artisans» (1767).

Les dernières années

Buste de François Quesnay à Méré

Les dernières années de sa vie, François Quesnay se met à étudier les mathématiques. Son ami d'Alembert parle en ces termes de cette expérience malheureuse : «  Il eut le malheur de trouver à la fois la trisection de l'angle et la quadrature du cercle, et de démontrer par des raisonnemens métaphysiques qui lui paroissoient hors de doute, que la diagonale du quarré et son côté ne sont pas incommensurables». Cet échec tardif ne remet cependant pas en cause sa réputation qu'il a acquise plus jeune en chirurgie et en économie.

À la mort de Louis XV en mai 1774, Quesnay doit quitter le château de Versailles pour s'installer au Grand Commun. Il meurt le 16 décembre à Versailles.

Œuvre

Quesnay fait paraître ses premiers écrits économiques en 1756-1757 dans l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert (les articles «Fermiers» et «Grains»). L'année suivante paraît la première version de son célèbre Tableau économique, où il présente l'ordre naturel de l'économie. Le rôle des économistes est de révéler les lois de la nature. Les lois économiques fonctionnent de la même façon que les lois de la physique.

Ce texte représente les idées des Physiocrates. Le Tableau est inspiré de la circulation du sang chez l'homme, sur un modèle de flux, de contre-flux et d'échange.

Il est le premier à imaginer l'économie à un niveau macroéconomique. Les agents économiques ne sont pas reconnus comme une somme d'agents individuels, comme le préconise la théorie classique (Adam Smith, David Ricardo, John Stuart Mill).

À ce titre, c'est-à-dire en considérant l'économie dans sa globalité ainsi qu'à l'encontre du postulat classique d'individualisme méthodologique, il est précurseur de la pensée de Karl Marx et de Keynes, qui reprendront tous deux le modèle du tableau.

Tableau économique

Tableau économique

Quesnay fait publier le Tableau économique par l'imprimerie nouvellement installée au château de Versailles. Au total, Quesnay en rédigera trois versions. La première édition date de novembre ou décembre 1758. Cette première version du « zigzag » est basée sur un revenu de 400 livres et comportait vingt-deux «Remarques». La seconde édition, qui date du printemps 1759, part d'un revenu de 600 livres et contient 23 remarques. La troisième édition, parue en 1759, est aussi basée sur un revenu de 600 livres et est suivie d'une « explication » de douze pages et d'un « extrait » comportant vingt-quatre maximes.

Quesnay y représente l'économie comme un domaine cohérent de nature systémique en s'inspirant de la découverte, réalisée un siècle et demi plus tôt par William Harvey, du mécanisme de la petite et de la grande circulation sanguine.

Il divise la société en deux secteurs (l'agriculture et le reste) et trois classes sur la base de leur rapport au produit net : la classe productive, composée principalement de fermiers, qui est l'unique à pouvoir apporter un produit net, c'est-à-dire capable de multiplier les produits, la classe stérile, qui se compose de l'ensemble des citoyens occupés à d'autres travaux que ceux de l'agriculture, capable seulement de transformer les biens sans les multiplier, et la classe des propriétaires terriens, dont l'unique fonction est de dépenser la part du revenu qui leur est due, sans produire aucun bien.

Le tableau qu'il élabore ainsi peut être représenté de façon plus moderne sous la forme d'un circuit ou encore d'un tableau entrées-sorties de Leontief, utilisé en analyse entrées-sorties. Qui plus est , le tableau de Quesnay qui relie les classes sociales par des flux de matières et de monnaie peut être reconnu comme l'ancêtre des matrices de comptabilité sociale.

Ce schéma conçoit la nation comme un ensemble réduit à trois grandes classes définies selon leur fonction économique :

Estimée a 5 milliards de Francs de l'époque, la production agricole a été repartie par Quesnay comme suit :

L'analyse de Quesnay fait ainsi ressortir pour la première fois les notions d'interdépendance des activités économiques, celle de processus de reproduction et d'équilibre qui seront reprises et développées ultérieurement par d'autre économistes après les physiocrates, comme Marx, Walras et Leontief surtout.

Le tableau économique décrit un état rêvé de l'économie. Sur cette base, d'année en année, l'économie se reproduit telle qu'elle. Il n'y a plus de croissance. Quesnay considère cette situation comme le meilleur état envisageable pour la France.

La postérité de son œuvre

Le principal apport de Quesnay est d'avoir jeté les bases de cette nouvelle discipline, l'économie. Après Quesnay, la réflexion économique a pris son autonomie face à la théologie ainsi qu'aux politiques au contraire des travaux antérieurs de l'époque médiévale (par exemple, Thomas d'Aquin) ou des mercantilistes.

Les travaux de Quesnay seront repris par de nombreux économistes. La notion d'interdépendance des activités économiques se retrouvera dans les travaux de Léon Walras. On retrouvera les idées de Quesnay dans la Théorie générale de Keynes. Le Tableau économique de Quesnay peut aussi être reconnu comme le précurseur du tableau entrée-sortie (tableau input-output) de Leontief. Les classes stériles et productives peuvent en effet être assimilées aux secteurs I et II d'une économie, avec par exemple, i l'agriculture et j l'industrie. Les avances annuelles de la classe productive peuvent être assimilées à des consommations intermédiaires nécessaires à la production agricole[2] :

Les secteurs Achats annuels Production annuelle
I II III
I Classes productives 2 1 2 5
II Classes des propriétaires fonciers 2 0 0 2
III Classes stériles 1 1 0 2
Total des achats 5 2 2 9

Publications

Œuvres réunies

Bibliographie

Notes et références

  1. On retrouve, par exemple, cette erreur dans l'Éloge de M. Quesnay par d'Alembert
  2. Source du tableau : Mark Blaug, « La pensée économique», Economica, Paris, 1995, p. 31.

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