Investissement
L'investissement, ou Formation brute de capital fixe est définie comme la valeur des biens durables acquis par les unités de production pour être utilisés pendant au moins un an dans leur processus de production.
Catégories :
Fonctionnement de l'entreprise - Gestion d'actifs - Finance d'entreprise - Capital
Définitions :
- Placement de capitaux dans une activité économique (source : fr.wiktionary)
- au sens le plus général, investir c'est engager une importante dépense immédiate dans l'objectif d'en retirer un bénéfice futur.... (source : sitecon.free)
L'investissement, ou Formation brute de capital fixe (FBCF) est définie comme la valeur des biens durables acquis par les unités de production pour être utilisés pendant au moins un an dans leur processus de production. Le calcul du rendement sert à déterminer le rendement d'un investissement sur plusieurs années en tenant compte de valeur finale de l'investissement.
La FBCF des ménages dans le cadre de leur activité domestique ne concerne que l'acquisition ou la production pour leur propre compte de logements, mais il faut comprendre que la FBCF des ménages comme entrepreneurs est comptée dans la FBCF des entreprises, qu'on nomme plus fréquemment investissement productif.
La FBCF n'inclut ni les investissements financiers, ni les acquisitions de terrains, ni les investissements immatériels (bien que ces derniers ont une grande importance pour évaluer la manière dont une société prépare son avenir).
On ajoutera que l'investissement productif se décompose en premier lieu en bâtiments puis en équipements.
Caractéristiques
Les investissements peuvent être classés selon leur objectif.
- L'investissement de remplacement ou de nouvellement, a pour but de maintenir l'activité à son niveau actuel.
- L'investissement de modernisation ou de productivité, a pour but d'accroître la productivité en introduisant des équipements modernes et peaufinés.
- L'investissement de capacité ou d'expansion, a pour but d'augmenter la capacité de production de l'entreprise en ajoutant par exemple des unités de production que ce soit d'un produit déjà existant, il s'agit alors d'une expansion quantitative, ou d'un nouveau produit - on parle alors d'expansion qualitative.
D'autre part, on classe certains investissement comme stratégique, quand ils sont jugés essentiel pour l'avenir de l'investisseur.
Les investissements ont plusieurs caractéristiques.
L'investissement est reconnu comme productif quand la valeur cumulée des biens et des satisfactions obtenues est suffisamment supérieure aux coûts génèrés. L'investissement est reconnu comme improductif (ou non directement productif), quand il concerne des biens et des services d'utilité publique (écoles, hôpitaux, etc).
Un investissement matériel concerne un bien de production, par exemple. Un investissement immatériel concerne des services : formation, recherche-développement, innovation, marketing, technologies de l'information, publicité, etc., susceptibles d'apporter un développement futur.
L'aspect économique s'attache aux caractéristiques réelles de l'investissement, l'aspect financier ne considère que sa contrepartie financière.
Certaines dépenses comme les dépenses dans les technologies de l'information sont généralement rattachées à des centres de coût dans les entreprises. Dans ce type de dépenses, la moitié en moyenne[réf. nécessaire] concerne la maintenance d'applications existantes, alors que le reste concerne les développements et devrait être compté comme dépense d'investissement, mais ceci n'apparaît pas le plus fréquemment dans la comptabilité des entreprises (cf. innovation).
Critères de décision d'un investissement
Analyse micro-économique
- L'investissement doit être fait jusqu'au point où son bénéfice marginal égale son coût marginal. Ceci suppose bien entendu que les biens d'investissements nécessaires soient disponibles.
- James Tobin a proposé un critère, nommé le Q de Tobin qui compare la valeur boursière de l'investissement avec son coût de remplacement.
- Dixit et Pindyck (1994) [1] proposent de faire l'ressemblance avec les options : pour la décision d'investissement, l'entrepreneur a le choix entre ne rien faire (attendre) ou investir tout de suite, choix dont l'irréversibilité joue un rôle important.
Investir revient à engager de l'argent dans un projet, en renonçant à une consommation immédiate ou à une autre investissement (coût d'opportunité) et en acceptant un certain risque, pour accroître ses revenus futurs.
- La rentabilité est un critère décisif pour choisir l'investissement, elle est mesurable avec certains critères qui ne donnent pas tous toujours précisément le même résultat, tout en restant globalement cohérents
- le retour sur investissement, qui peut s'exprimer en taux ou en temps, mesure le ratio des sommes rapportées par l'investissement sur le montant investi ;
- la valeur actuelle nette : l'investissement rapporte la différence entre son coût et la VAN, qui dépend du taux d'actualisation retenu ; elle change du retour sur investissement en ce qu'elle tient compte du montant total investi : par exemple, le retour sur investissement peut être meilleur pour l'achat d'une bicyclette que d'une maison (rendement respectif de 100 % et 1%) et la VAN en sens inverse (VAN respective de 200 € et 100 000 €) ;
- le taux de rentabilité interne (TRI) : l'investissement est d'autant plus rentable que ce taux est élevé (cependant, pour un taux d'actualisation donné et connu, la VAN est un indicateur plus significatif, tandis qu'on peut trouver deux investissements A et B tels TRIA > TRIB et VANB > VANA).
- Le risque pris par l'investisseur est aussi un critère important, dont un indicateur est le ratio de la capacité d'autofinancement comparé au montant investi ; il est fréquemment fait à titre prévisionnel pour déterminer si un investissement proposé est adapté, et dans quelle mesure il satisfera l'investisseur.
Le capital investi a une durée de vie à la fin de laquelle il peut toujours présenter une valeur résiduelle.
Le prix relatif du capital comparé à celui du travail influe sur l'investissement. Quand le prix du capital baisse comparé à celui du travail, il est intéressant d'engager des investissements de productivité, qui permette de substituer du capital (moins cher) au travail (plus cher).
Les entreprises cherchent à anticiper la demande avant d'investir pour savoir s'il est indispensable d'augmenter leurs capacités de production. Ainsi des anticipations favorables où on prévoit une hausse de la demande, facilitent l'investissement alors que les anticipations défavorables qui prévoit une stagnation ou une baisse de la demande, le freinent.
Les taux d'intérêt déterminent le coût des emprunts contractés pour effectuer un investissement et peuvent par conséquent freiner l'investissement s'ils sont hauts. Le niveau d'endettement de l'entreprise joue aussi : une entreprise endettée devra consacrer ses profits à son désendettement au risque de disparaître.
Analyse macro-économique
Dans sa décision d'investir, l'entrepreneur compare le cout de l'investissement (I) et la somme des valeurs, actualisées et pondérées par les risques, des rentrées de trésorerie obtenues grâce à l'investissement (R). Le projet d'investissement sera réalisé si R > I. Dans l'analyse keynésienne, l'efficacité marginale du capital sert à désigner le taux de rendement interne de l'investissement. Elle sert de taux d'actualisation des recettes tirées de l'investissement. A savoir, l'investissement est d'autant plus important que le taux d'intérêt est faible. Pour Keynes, l'investissement dépend de la comparaison entre l'efficacité marginale r de l'investissement et le taux d'intérêt pratiqué sur le marché des capitaux, i. Si r > i, la décision de réaliser l'investissement est justifiée. Il peut être financé soit à partir de fonds dont dispose l'entreprise, soit à partir d'emprunt dont le coût est inférieur au taux de rendement de l'investissement.
Dans l'analyse macro-économique, le terme d'investissement est réservé à l'unique création de biens capitaux nouveau (machines, immeubles... ). Pour Keynes, l'investissement dépend de l'efficacité marginale du capital et du taux d'intérêt. En réalité, les dépenses en biens d'investissement dépendent essentiellement de deux variables :
- > le rendement attendu de l'investissement, dit "efficacité marginale du capital",
- > le taux d'intérêt i ou coût d'emprunt contracté pour financer l'acquisition de biens d'investissement.
Pour une efficacité marginale donnée, l'investissement apparaît comme une fonction décroissante du taux d'intérêt. Le niveau du taux d'intérêt est par conséquent la variable incitatrice ou désincitatrice privilégiée du processus d'investissement. Dans l'analyse Keynésienne, l'investissement est reconnu comme autonome, c'est-à-dire indépendant du revenu.
Financement des investissements économiques
Avant d'employer ses ressources à l'investissement l'entreprise doit s'interroger sur son financement. En effet, il est important pour le dirigeant de faire dans un premier temps son métier : la stratégie d'entreprise et l'organisation d'entreprise. À défaut, il se retrouve avec des moyens mais sans chemin pertinent et dans une facilité qui repousse l'obligation de cette réflexion.
Les besoins de financement d'une entreprise, et surtout ceux de ses investissements, sont satisfaits par l'autofinancement, le recours à l'emprunt, les aides publiques (pour la R&D), l'augmentation de capital ou en fonds propres. Ces trois sources de financement peuvent intervenir ensemble. Les investissements peuvent aussi être financés par cession d'actifs, dans le cadre par exemple d'une stratégie de recentrage.
L'autofinancement
L'autofinancement est le financement des investissements par des moyens internes à l'entreprise. L'autofinancement se mesure de deux manières : le taux de marge qui donne une indication sur les ressources de l'entreprise : excédent brut d'exploitation / valeur Ajoutée) taux d'autofinancement : EBE/FBCF (Formation Brute de Capital Fixe) qui mesure la part de l'investissement qui est financée par l'EBE
Le recours à l'emprunt
Cela consiste à lever des capitaux sous forme de prêt auprès de tiers. La durée de l'emprunt doit être en accord avec la durée d'amortissement du bien acquis (en général l'emprunt est légèrement plus court que celle-ci). L'emprunt peut être de 2 types : bancaire ou obligataire.
L'augmentation de capital «en numéraire»
Il s'agit d'augmenter les capitaux propres de l'entreprise en faisant souscrire de nouvelles parts (SARL) ou actions (SA). Il est demandé, via une opération d'augmentation de capital en numéraire,
- aux actionnaires de mettre la main à la poche pour financer les investissements
- et/ou à de nouveaux actionnaires d'entrer dans le capital de l'entreprise.
Cette méthode a l'avantage de renforcer la solvabilité de l'entreprise, laquelle de toute façon ne peut dépasser un certain montant de recours à l'emprunt sans perdre la confiance de ses banques et fournisseurs. Cela dit, cette opération est assez fréquemment mal vue par les actionnaires, car l'émission de nouvelles actions va «diluer» la valeur de leurs actions actuelles.
Cette méthode n'est par conséquent utilisable que si les actionnaires acceptent de remettre de l'argent dans la société. Cela dépendra en grande partie :
- de la rentabilité des fonds propres affichée ou visée par l'entreprise. Cette rentabilité et le risque qui lui est associé doit être comparée aux autres couples rentabilités/risques disponibles d'autre part.
- et, pour les sociétés cotées, du cours de bourse, qui doit être supérieur au prix d'émission des nouvelles actions pour qu'il y ait intérêt à souscrire celles-ci.
- ou encore, facteur plus négatif mais qui entraîne une pression forte sur les actionnaires, d'une situation d'endettement critique risquant de faire sombrer l'entreprise si elle ne trouve pas de l'argent frais pour conforter ses capitaux propres.
L'augmentation de capital en numéraire ne doit pas être confondue avec celle par incorporation de réserves (il ne s'agit tandis que d'un transfert de poste comptable au sein des capitaux propres) ni celle par échange de titres (cas de fusion-acquisition)
Erreurs d'investissement
Malinvestissement
On parle de malinvestissement quand l'investissement est incorrect : trop élevé (surinvestissement), trop faible (sousinvestissement), ou les deux à la fois (i. e. : mal orienté).
Investir, et ne pas le faire, sont toujours des paris sur l'avenir, il y a par conséquent en permanence des investissements incorrects. Dans certains situations cependant l'erreur est assez répandue pour avoir des effets macro-économiques sensibles (récession ou crise).
En régime d'économie libre, la variable principale en la matière est le taux d'intérêt : trop élevé, il rend impossible l'investissement même dans des projets a priori rentables ; trop bas, il facilite l'investissement dans des projet à la rentabilité trop faible.
Surinvestissement
Si les agents économiques ont des perspectives trop optimistes, ils peuvent trop investir, ce qui les conduira à avoir des capacités de production excédentaires. On dit qu'il y a surinvestissement. À l'échelle d'un pays, un surinvestissement particulièrement élevé conduit le plus souvent à une crise économique.
Références
- Avinash Dixit & Robert Pindyck, 1994. Investment Under Uncertainty. Princeton Univ. Press.
Voir aussi
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Liens externes
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