Sciences économiques

L'économie, comme discipline, est une branche des sciences sociales qui étudie l'allocation des ressources rares à des fins alternatives.


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L'économie, comme discipline, est une branche des sciences sociales qui étudie l'allocation des ressources rares à des fins alternatives. C'est à dire, selon l'économiste et homme politique Raymond Barre, «la science économique est la science de l'administration des ressources rares. Elle étudie les formes que prend le comportement humain dans l'aménagement de ces ressources ; elle analyse et explique les modalités selon lesquelles un individu ou une société affecte des moyens limités à la satisfaction de besoins nombreux et infinis» (Economie politique, PUF, 1959).

En réalité, il n'existe pas une seule définition de l'économie, mais plusieurs définitions, chaque définition renvoyant à des réalités sous-jacentes différentes. Karl Polanyi distinguait par exemple deux sens du terme économique : le sens substantif (l'économie est une science empirique qui étudie des procès institutionnalisés) et le sens formel (l'économie est une science déductive qui étudie l'action rationnelle)  ; ce dernier sens se rapproche énormément de la conception qu'en avait Ludwig von Mises.

Origine de la notion

Économique est un mot grec qui apparaît comme titre de deux traités, l'un de Xénophon, l'autre d'Aristote, dont l'objet est la connaissance et la formulation des lois («nomos») permettant d'optimiser l'utilisation des biens d'une maison («oikos»), reconnue comme unité collective de production d'une famille élargie ou d'un clan. La richesse est reconnue du point de vue de l'abondance des biens produits et de leur utilité, non de l'accumulation de monnaie par l'usure ou le négoce dont les procédés font l'objet d'une autre discipline qu'Aristote nomme chrématistique (de khréma (la richesse) et -atos (degré superlatif) ) et qu'il considère comme des activités stériles, ou alors déshonorantes dans l'Éthique à Nicomaque). L'Économique est explicitement distingué de la Politique, laquelle fait l'objet d'un autre traité d'Aristote et vise à établir l'harmonie et la justice entre les différentes classes de personnes et de familles qui forment la cité.

Le terme économie ne s'oppose pas à luxe mais à gaspillage : il sert à désigner le surcroît de richesse provenant de l'optimisation de l'utilisation des ressources humaines et naturelles employées dans la production, la répartition et le renouvellement des biens nécessaires à l'existence d'une société ou d'une personne. Par extension, économie sert à désigner aujourd'hui tout le processus de production et de répartition de biens et de services d'une région ou d'un pays ; on nomme économie mondiale le dispositif des échanges marchands et financiers internationaux.

Une définition microéconomique

Les choix des acteurs sont réalisés en fonctions des coûts d'opportunité. Par coût d'opportunité, il faut entendre la valeur du renoncement. Comme énoncé plus haut, il est complexe de donner une définition rationnelle à certains concepts économiques, car il y a tout autant de définitions que d'auteurs. Mais, dans une approche définitionnelle, la microéconomie est la partie de l'économie qui étudie le comportement individuel des agents économiques, elle traite des questions telles que la richesse et par conséquent le profit, l'énergie indispensable pour une industrie, la pauvreté etc.

D'autre part, un agent économique sert à désigner toute personne morale ou physique qui participe à une activité de consommation, de production ou d'épargne.

Une définition macroéconomique

La macroéconomie est l'étude de l'économie envisagée dans sa globalité, sous forme d'agrégats. Elle étudie les choix des individus (tous et non un seul), des entreprises et des gouvernements sur l'économie nationale et mondiale.

L'analyse macroéconomique étudie surtout les questions relatives à des indicateurs, représentatifs de la santé économique[1] : Produit Intérieur Brut et Revenu national brut, consommation globale, épargne, investissements, inflation, taux de chômage, indicateur de développement humain, seuil de pauvreté

Par la comptabilité nationale, elle est une partie de l'économie politique dans le vaste champ de la philosophie politique et de l'anthropologie. [Source ?]

L'économie internationale, qui étudie les relations économiques entre pays et certaines caractéristiques de la mondialisation économique, est membre de la macroéconomie.

La place de l'économie dans la société

Rôle et responsabilité des économistes

Le rôle des économistes est d'une part d'analyser comment la société humaine produit ses richesses et les répartit, et d'autre part de proposer des explications et des possibilités d'amélioration à certains dysfonctionnements économiques et sociaux. Ils peuvent aussi réaliser des études pour estimer les effets d'une loi ou d'un projet de loi. Les résultats de ces études (qui peuvent être contradictoires d'un modèle à l'autre) sont quelquefois utilisés par les gouvernements pour réguler l'activité économique.

L'économie a par conséquent des liens avec la philosophie politique, et elle a un enjeu social énorme, surtout en ce qui concerne la répartition des richesses dans la société.

A ce titre la responsabilité des économistes fait question : si leurs propositions sont si importantes pour la société, doivent-ils être tenus pour responsable en cas d'échec ? Hayek l'exprima en écrivant qu'un économiste qui n'est qu'économiste devient nuisible et peut former un véritable danger.

Enjeux écologiques

Depuis la fin du XXe siècle, l'économie a aussi un enjeu écologique. En effet, l'impact des activités humaines sur les ressources naturelles (déforestation, énergies fossiles, minerais) et sur l'équilibre de la planète (climat, biodiversité... ) posent la question du développement durable. Réciproquement, l'écologie devient un enjeu économique, par l'activité qu'elle génère (recyclage, dépollution, etc).

Des réflexions sont en cours, dans le domaine de l'économie de l'environnement, pour intégrer la mesure des activités liées à ces enjeux dans les grands agrégats économiques (PIB, etc. ), sous forme d'externalités.

La prise en compte des intérêts écologiques et des dégâts de l'activité économique sur l'environnement devient un enjeu majeur dans les choix d'investissements et la politique d'innovation et d'emploi à long terme. Les États qui s'engagent sur le plan multilatéral à diminuer leurs émissions de CO2 mettent en place des réglementations pour encourager les entreprises et industries à investir dans les technologies non polluantes et se reconvertir dans des secteurs sobres en consommation d'énergies.

Épistémologie

L'économie est-elle une science ?

La question du statut scientifique de l'économie est problématique et conduit certains auteurs à remettre en cause la scientificité de l'économie[2].

La présentation de l'économie orthodoxe montre que les recommandations dépendent cependant amplement des hypothèses utilisées pour construire le modèle. Et fréquemment, il s'agit d'hypothèses fortes : transitivité, continuité des prédilections individuelles, convexité des fonctions d'utilité, maximisation des fonctions de production, marché pur et parfait, etc. Ces hypothèses sont jugées par énormément d'économistes hétérodoxes, et par des scientifiques de diverses tendances comme par exemple Benoît Mandelbrot, comme «irréalistes». Il est vrai qu'elles n'ont jamais donné lieu à des confirmations empiriques particulièrement robustes, si bien que comme le faisait remarquer Karl Popper : «Le développement de l'économie réelle n'a rien à voir avec la science économique. Quoiqu'on les enseigne comme s'il s'agissait de mathématiques, les théories économiques n'ont jamais eu la moindre utilité pratique».

En réalité, même si comme Léon Walras, de nombreux économistes ont eu l'ambition de trouver une définition commune à l'ensemble des modèles économiques, et de découvrir des lois capables d'expliquer et de prévoir la totalité des comportements des acteurs économiques, l'économie ne peut être définie comme une science exacte (selon la définition de Karl Popper) à cause de son caractère principalement autoréférentiel : la connaissance d'une loi modifie le comportement des acteurs économiques qu'elle est censée décrire[3].

Ainsi selon Claude Mouchot : «l'économie ne sera jamais «science normale» au sens de T. S. Kuhn ; l'unification des théories économiques ne se réalisera jamais, au moins dans une société démocratique ; il faut abandonner la référence à la physique et déterminer à nouveau frais le statut épistémologique de notre discipline»[4].

Cherchant à rendre compte du mouvement des sciences au XXe siècle, l'historien Eric Hobsbawm avance : «Bien qu'elle soit soumise à des impératifs de cohérence et de logique, la science économique a été une forme de théologie florissante – probablement dans le monde occidental, la branche la plus influente de la théologie séculière – parce qu'elle peut être formulée, et l'est généralement, de façon à échapper à toute espèce de contrôle [... ] On n'a aucune peine à montrer ce que les écoles de pensée et les caprices de la mode en économie doivent à l'air du temps et au débat idéologique»[5].

Jacques Sapir fait, lui, remarquer que ce n'est qu'en … s'acceptant comme des chercheurs en sciences sociales que les économistes peuvent mettre fin à la crise de leur discipline[6].

Quelle épistémologie pour l'économie ?

L'importance de l'épistémologie pour l'économie, comme pour toute discipline qui se veut scientifique, n'est pas à démontrer. Ainsi pour Jacques Sapir[7] la question de la théorie de la connaissance sous-jacente à l'approche économique devient cruciale. Ce dernier souligne que la rupture avec le positivisme, (... ) ce scientisme hérité du XIXe siècle, est bien le point d'achoppement principal en économie[8].

Claude Mouchot en nomme, quant à lui, à une véritable épistémologie de l'économie[9]. Il propose, dans son ouvrage Méthodologie économique[10], une approche constructiviste de l'économie. Claude Mouchot note finalement la indispensable multiplicité des discours en économie et en nomme à un retour du politique.

Méthodologie économique

Article détaillé : Méthodologie économique.

Comme la majorité des sciences humaines, l'économie peut aborder son objet de deux points de vue complémentaires : elle est dite

On trouve d'autres part différentes méthodes utilisées par les économistes pour tester ou construire leurs théories. Les plus significatives sont sans doute :

L'économie fait depuis longtemps (depuis les physiocrates) un large usage de modèles mathématiques. Cette utilisation des modèles est , pour les économistes, rendue indispensable par le grand nombre de données qu'ils ont à traiter, et par la volonté d'en tirer des lois générales. Les économistes pensent mais aussi les méthodes mathématiques encourageraient les chercheurs à se concentrer sur la majeure partie, et rendraient l'exposition moins sujette aux ambiguïtés.

À noter, les tenants de l'École autrichienne, pour des raisons épistémologiques, adoptent une démarche radicalement différente, de type axiomatico-déductive, et refusent de recourir à toute modélisation mathématique.

Étude

Domaines d'étude de l'économie

Certains aspects de l'économie requièrent une attention spécifique : le commerce, l'allocation des ressources, la concurrence et la monnaie.

D'une façon plus générale, l'économie est fréquemment divisée en deux grandes catégories :

Les tentatives de réunion de ces deux branches ont été l'un des principaux moteurs de la pensée économique contemporaine, durant les années 1970 et le début des années 1980. Actuellement, un consensus semble s'être constitué chez les économistes orthodoxes autour de l'idée que la microéconomie forme le fondement de la macroéconomie. Cette idée est cependant particulièrement contestée. A titre d'exemple, un certain nombre de spécialistes en épistémologie économique, comme Claude Mouchot par exemple, réfutent cette idée de façon catégorique.

Au sein de ces grandes divisions, on trouve des zones d'étude plus spécialisées, qui tentent de répondre aux questions du point de vue — plus large — de l'activité humaine.

Progressivement, les théories économiques ont trouvé des applications dans des contextes bien plus vastes. En effet, on considère généralement que dans tout domaine où les individus sont confrontés à des choix — l'éducation, le mariage, la vie publique, etc. —, on peut trouver un aspect économique. La théorie du choix public (public choice theory) étudie comment une analyse économique peut s'appliquer à des domaines habituellement reconnus comme étrangers à ce domaine. Et, de fait, les domaines d'investigation de l'économie chevauchent ceux d'autres sciences sociales, telles que la psychologie sociale, la politique, ou la sociologie.

Ainsi, un aspect important de l'économie est l'étude de la manière dont des stimulants (les conséquences de différentes actions) peuvent affecter le comportement d'un individu ou d'un groupe. Les économistes pensent que les stimulants et les goûts personnels jouent un rôle important dans la préparation de la prise de décision. Ainsi, la psychologie, les sciences cognitives et la neurologie rejoignent l'économie et lui servent de matière à réflexion.

Les grandes questions auxquelles les théories économiques s'efforcent de répondre

Développement de la pensée économique

Article détaillé : Histoire de la pensée économique.

La pensée économique trouve ses origines dans l'Antiquité, surtout en Grèce antique (voir économie de la Grèce antique). Ce paragraphe décrit les développements de la pensée économique à partir de la Renaissance.

Les développements au début de l'époque moderne (XVIe - XVIIe siècles)

Joseph Schumpeter, dans son Histoire de l'analyse économique (1954), a étudié la doctrine scolastique généralement et l'espagnole surtout. Il a fait l'éloge du haut niveau des sciences économiques en Espagne à la Renaissance. Selon lui l'école de Salamanque a été le groupe qui mérite le plus le titre de fondateurs des sciences économiques.

La pensée économique moderne s'est ensuite développée au XVIe et XVIIe siècles avec le mercantilisme. Cette doctrine économique prône le développement économique par l'enrichissement des nations et de l'État, ou de son souverain surtout, au moyen du commerce extérieur (le mot vient du latin «mercatus» qui veut dire «commerce, marché») mais également de l'industrialisation. Elle se situe historiquement à la fin du Moyen Âge et marque aussi la fin de la prééminence des doctrines de l'Église dans l'organisation sociale. Elle repose sur la croyance que la richesse repose sur l'accumulation des métaux précieux ; elle préconise par conséquent de développer l'activité industrielle et l'exportation pour obtenir l'or et l'argent qui représentent la richesse d'un pays. L'État doit donner l'exemple en créant de grandes activités, par exemple des manufactures. Surtout la France qui fait preuve d'un important interventionnisme étatique (contrôle de la production pour assurer la qualité des produits) dans l'objectif d'exporter de nombreux produits de luxe. L'Espagne qui possède à l'époque une grande quantité d'or, contribue par conséquent à l'enrichissement de la France.

Le mercantilisme français est représenté par des hommes tels que Jean Bodin (1530-1596), Antoine de Montchrestien (1575-1621) ou Jean-Baptiste Colbert (1619-1683).

Préclassiques et classiques (XVIIIe - XIXe siècle)

Le courant des physiocrates ne forma qu'une brève étape de la pensée économique. Les physiocrates soutiennent qu'il existe un ordre naturel gouverné par des lois (physiocratie veut dire gouvernement de la nature). Le rôle des économistes est de comprendre et de révéler les lois de la nature telles qu'elles opèrent dans la société et dans l'économie pour montrer comment ces lois opèrent dans la formation et dans la distribution des richesses. Fondée sur l'idée que seules la terre et l'agriculture seraient créatrices de richesse, la physiocratie aura une existence assez brève, étant dès 1776 éclipsée par l'émergence de la pensée classique et la parution des Recherche sur la nature et les causes de la richesse des nations d'Adam Smith. Le Tableau Économique (1758) de François Quesnay, principal représentant de la Physiocratie aura cependant une large postérité, car pour la première fois l'économie est présentée sous forme de flux de biens et de services. Cette représentation sera reprise et détaillée par l'ensemble des mouvements économiques postérieurs.

Au XVIIIe siècle se développa en particulier la pensée classique, autour dans un premier temps de Daniel Bernoulli (créateur dès 1738 du concept essentiel d'utilité), puis de deux Britanniques, Adam Smith et David Ricardo. Les classiques anglais cherchent à comprendre la dynamique de la croissance dans le contexte de la révolution industrielle naissante : ils insistent à la fois sur le rôle du travail dans la création de la richesse (notion de «valeur travail») tout en soulignant leur attachement au libéralisme économique et leur croyance dans l'obligation d'une forte accumulation du capital et d'une répartition des revenus judicieuse pour soutenir la croissance économique.

Au XIXe siècle, la pensée économique s'est surtout développée avec l'apport de Karl Marx. L'économie moderne est en fait avant tout un affinement de la pensée économique néoclassique (voir Histoire de la pensée économique pour un aperçu des précurseurs d'Adam Smith, mais aussi des différentes écoles qui lui ont succédé).

Diversification de la pensée (XXe siècle - XXIe siècle)

John Maynard Keynes donna naissance à la macroéconomie dans les années 1930. De nombreux économistes utilisent un mélange de microéconomie néoclassique et de macroéconomie keynésienne. Cette combinaison, nommée quelquefois synthèse néoclassique, fut populaire dans l'enseignement et fut en particulier beaucoup appliquée en politique économique dans les pays occidentaux après la Deuxième Guerre mondiale et jusqu'à la fin des années 1970. De même, de nombreux auteurs se réclament de la pensée de Karl Marx en niant être marxistes, au sens politique ou économique le plus courant. Cependant les théories keynésiennes présentent l'inconvénient d'être source d'inflation, en effet celle-ci tend à faciliter la demande.

A contre-courant des théories dominantes, on trouve la théorie du Crédit social de Clifford Hugh Douglas qui développa sa théorie dans les années 30.

Actuellement, on note une grande diversification des courants économiques, surtout par l'application de nouvelles approches techniques :

D'autre part, l'essor des sciences de gestion (management, marketing, théorie des organisations, gestion des ressources humaines, technologies de l'information) a percolé en économie, aboutissant surtout à l'économie de la connaissance, qui reconnaît le savoir, la compétence et l'information comme facteurs essentiels de production et de développement, en plus des trois facteurs «classiques» : ressources naturelles, travail et capital.

Présentation de l'économie orthodoxe

L'économie est actuellement construite autour d'un paradigme dominant. On parle pour désigner les travaux fabriqués au sein de ce paradigme, d'économie orthodoxe. Ce paradigme part du principe essentiel suivant : les ressources sont en quantités limitées, et il faut par conséquent choisir comment les employer au mieux. En situation de rareté, le choix d'une alternative implique en effet le renoncement aux autres alternatives envisageables ; c'est ce que les économistes nomment le coût d'opportunité. Qui plus est , des ressources limitées ne peuvent, à un moment donné et dans un contexte technologique donné, conduire qu'à une production limitée, ce qui pose le problème de la redistribution des produits.

En fonction de ce principe, il existe deux possibilités pour calculer l'utilité des ressources qui vont être employées.

Dans la tradition classique, l'économiste considère l'utilité cardinale d'une ressource. La consommation d'un bien dispense un certain niveau de satisfaction selon une certaine fonction d'utilité prédonnée, et l'agent choisit de consommer la ressource ou le niveau de ressources, qui lui donne le plus haut niveau de satisfaction.

La difficulté est cependant de mesurer ce niveau de satisfaction, c'est pourquoi les économistes néo-classiques ont rejeté cette hypothèse et supposent à présent que le consommateur a uniquement la possibilité de classer les différents biens selon ses prédilections. Suivant la structure des prédilections de l'agent économique, ils construisent alors, quand c'est envisageable, une fonction d'utilité ordinale. Dans les modèles d'inspiration walrasienne, on cherche alors l'allocation des ressources, ou les allocations, telles qu'aucun individu ne puisse accroître sa satisfaction sans détériorer celle de quelqu'un d'autre. On dit tandis qu'il s'agit d'allocations paréto-optimales, qui ne sont que des équilibres de Nash spécifiques. La distinction est la suivante : comparé à un état donné de l'économie, s'il est envisageable de trouver une allocation qui accroisse le niveau de satisfaction d'un acteur sans diminuer celui d'un autre, alors l'économie n'est pas dans une situation dite d'optimum de Pareto (du nom de Vilfredo Pareto, sociologue italien du XIXe ayant théorisé ce concept). Par contre, si une telle allocation n'est pas réalisable, l'allocation actuelle est optimale au sens de Pareto.

Il faut alors remarquer qu'une allocation paréto-optimale n'implique aucunement une distribution égalitaire des ressources. Une partie du rôle des économistes orthodoxes est par conséquent de déterminer quelles sont les mesures à prendre pour que l'économie soit dans une situation paréto-optimale, sans nécessairement tenir compte de critères éthiques de redistribution qui relèvent du choix politique. Généralement, selon la nature des prédilections individuelles et selon la nature des biens (public, privé), ils préconisent une décentralisation des décisions et de l'échange, et une indexation des biens par un dispositif de prix. Une partie des recherches porte aussi sur la façon dont les situations oligopolistiques et monopolistiques écartent une économie de son état paréto-optimal, et comment il est envisageable de rétablir l'efficience. Ces modèles suffisent par conséquent aux économistes néoclassiques pour tirer des conclusions sur les mesures économiques à prendre.

Citations

«L'économie est la science qui étudie comment les ressources rares sont employées pour la satisfaction des besoins des hommes vivant en société ; elle s'intéresse, d'une part, aux opérations principales que sont la production, la distribution et la consommation des biens, d'autre part aux institutions ainsi qu'aux activités ayant pour objet de favoriser ces opérations.»

— Edmond Malinvaud

«L'économie est la science qui enseigne comment se forment, se distribuent et se consomment les richesses qui satisfont aux besoins des sociétés.»

— Jean-Baptiste Say, Traité d'économie politique, 1803

.

«L'économie politique ou économique est une étude de l'humanité dans les affaires ordinaires de la vie : elle examine la partie de la vie individuelle et sociale qui a le surtout trait à l'acquisition ainsi qu'à l'usage des choses matérielles, nécessaires au bien-être. Elle est par conséquent d'un côté, une étude de la richesse, de l'autre et c'est principal, elle est une partie de l'étude de l'homme.»

— Alfred Marshall, Principes d'économie politique, 1890

Notes et références

  1. Ces indicateurs ont été choisis dans une optique purement économique, sans obligatoirement représenter le bonheur ou le bien-être. À titre d'exemple, la valeur monétaire de l'état environnemental de la planète, est un indicateur économique qu'on ne sait quantifier. Des indicateurs concernant l'environnement (externalités négatives, …) ou le bien-être ont été créés vers la fin du XXe siècle.
  2. Voir L'économie : science ou pseudo science ?, par Bernard Guerrien, La science économique n'aura pas lieu, par Daniel Duet
  3. Par exemple les banques centrales, depuis quelques décennies, ont appris à limiter l'impact des crises financières en intervenant rapidement sur les marchés financiers. Les investisseurs, mis en confiance, intègrent progressivement cette nouvelle donnée en prenant des risques supplémentaires, ce qui aboutit ainsi à une nouvelle instabilité financière
  4. Claude Mouchot, «Pour une véritable épistémologie de l'économie»
  5. Eric Hobsbawm, L'Âge des extrêmes. Histoire du court XXe siècle, 1914-1991, Complexe, 2003, p. 704.
  6. Les Trous noirs de la science économique : essai sur l'impossibilité de penser le temps et l'argent, éd. Points Economie, p. 39, voir aussi l'article d'André Orléan, Essentialisme monétaire et relativisme méthodologique
  7. Les Trous noirs de la science économique : essai sur l'impossibilité de penser le temps et l'argent, éd. Points Economie, p. 117
  8. Les Trous noirs de la science économique : essai sur l'impossibilité de penser le temps et l'argent, éd. Points Economie, p. 165
  9. Voir cet article
  10. Méthodologie économique, Seuil (Poche) 2003

Voir aussi

Aspects généraux

Aspects spécifiques

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